Think I'm losing my mind now ▬ Vyranui
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 Think I'm losing my mind now ▬ Vyranui

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Dim 5 Mar - 19:07


Grim Solheim
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 308 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 42 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Lieu et date du rp : Chambre 318 du Scandic Strand Hotel puis la forêt profonde, mi-février en début de nuit.
Protagonistes: Grim et Vyranui
Résumé du rp: 'Ivre', Grim essaie de rejoindre la forêt pour se transformer mais l'effet qu'il pense du à l'alcool sur son esprit ralentit considérablement sa transformation et le coince dans un état intermédiaire. Vyranui le trouve.
Actions réalisées au cours de ce rp: à venir

&

Cela faisait à présent deux semaines qu’il se trouvait à Bergen. Autorisé par le roi en personne Solskinn Forslove, à arpenter les différents recoins de la ville sans être inquiété par la milice du roi – entendez ses Traqueurs – Grim avait pris ses quartiers dans un hôtel non dépourvu de charme juste en face du port de la ville. Ayant par chance la chambre du bout du couloir, il jouissait d’une vue imprenable sur la rue en contrebas, la ligne flottante et paisible des bateaux en arrière-plan que surplombaient trois petites collines peu élevées clairsemées d’habitations au style typiquement norvégien. Une vision qu’il ne se lassait pas de contempler.
Chaque nuit passée à l’hôtel faisait grandir un peu plus la petite fortune qu’il laissait à l’établissement mais le loup n’était en rien décidé à trouver un toit autre que celui qu’il avait en ce moment. Ce n’était pas les moyens qui manquaient et ce malgré l’arrêt récent de son activité d’avocat ; sans doute était-ce l’envie. Il prospectait néanmoins chaque jour, se promenant dans les différents coins de la ville, discutant peu avec autrui mais observant constamment. Quelque chose cependant manquait à chaque fois pour lui donner l’envie de rester, d’acquérir, de louer ou d’acheter. Il peinait à se représenter un avenir dans chaque rue qu’il visitait. Etait-ce de la paresse en train de s’installer qui l’empêchait de trouver ? L’idée de se retrouver seul à tout faire chez lui, sans aucune autre compagnie que le silence et sa solitude ? S’était-il habitué à se faire servir, lui qui avait toujours pris soin de s’occuper des autres avant lui … Il aurait juré que non mais enfin, bon.

* * *

Ce soir, comme les autres soirs, les pensées du loup dérivaient. Seul dans sa vaste chambre d’hôtel, sans personne d’autre vers qui tourner son esprit et ses paroles, il revenait invariablement à celle qu’il aimait. Celle qui n’était plus. Ses occupations de la journée suffisaient à garder son souvenir éloigné de lui mais ses soirées étaient bien plus vides, bien plus propices à rouvrir les blessures qu’il tentait de maintenir muettes et fermées. Ce n’était pas tant qu’il cherchait à l’oublier mais il ne pouvait détacher la culpabilité et le remord qui accompagnaient désormais chacun de ses souvenirs avec Alena. Et Fenrir savait la souffrance qu’occasionnaient de tels ressentis sur le cœur du grand loup. Il avait tué sa femme, il ne pouvait vivre en paix. Ni aussi vite, ni en ayant abandonné la meute entière pour échapper à leur écœurante reconnaissance. C’était ainsi.

Grim ignorait qui du loup ou de l’humain le poussait plus à faire ce qu’il s’apprêtait à faire. Ce n’était pas la première fois et ce ne serait sans doute pas la dernière. Pourtant il savait, il avait appris comme n’importe lequel de ses semblables que l’alcool restait sans effet sur l’organisme des Loups. Question d’hypermétabolisme autant lié à la nature lupine qu’à celle du mutant de deux espèces. Il n’avait pas besoin d’être biologiste ou d’avoir étudié 10 ans de médecine pour savoir que l’effet qu’il ressentait lorsqu’il buvait n’était probablement que pure invention de son esprit. Placebo, nocebo, hystérie individuelle ou hallucination spirituelle, peu importait le terme que les scientifiques emploieraient pour décrire ce phénomène. Grim ressentait ce qui se rapprochait le plus de l’ivresse d’un être humain. Il lui fallait des quantités bien supérieures mais l’effet demeurait le même. Et par-dessus tout lorsqu’il buvait au point d’en rendre son esprit et son corps persuadés de leur ivresse ; la douleur s’atténuait. Elle se changeait en une sorte de transe douce et amnésique, engourdissant ses pensées, éloignant la culpabilité et le ressenti que le loup éprouvait envers lui-même. Ne subsistait alors que les contours de cette louve ; cette louve qu’il avait aimée tant et si fort qu’ils auraient pu s’unir sous la Lune s’ils n’avaient raison garder. La silhouette d’Alena, les traits fins de son visage, son regard et les demi-lunes que dessinait son sourire sur ses joues, sa voix et son rire, ses mains délicates sur le visage de Grim … Tout lui manquait en elle. Le vide dans son cœur était abyssal et la plainte qui montait de son âme à sa gorge ne pouvait souffrir son apparence banalement humaine.

Le regard voilé, l’homme passa une main sur ses yeux pour en effacer la peine. Il devait se transformer. Là. Maintenant. L’instinct était plus fort que le reste. Il avait besoin de se transformer. C’était viscéral. Adresser sa peine aux étoiles. Décharger son cœur d’homme de toute cette souffrance. Laisser la Lune panser son âme et souffler sur ses blessures. Mais sa chambre d’hôtel n’était guère propice à la mutation. Si quelqu’un entrait, si quelqu’un le voyait. Les loups n’étaient plus un secret à Bergen mais ce n’était guère une raison pour laisser un loup se balader en pleine rue. Il devait bouger, trouver un coin de forêt proche où ombre parmi les ombres, il ne serait pas repéré par des yeux humains.

Le visage fermé, les larmes de son cœur jugulées, l’homme sortit à grands pas de l’hôtel et monta dans sa voiture sans un seul regard pour le portier. Il démarra en trombe, sentant que son cœur s’accélérait à l’idée de sa prochaine transformation. La première étape était toujours celle-ci, son corps se préparait, son myocarde pompait plus fort, plus vite, bientôt ses os se briseraient et se remanieraient. Atteignant la sortie de la ville avant que le moindre os ne se brise, Grim sortit de la route principale pour s’enfoncer sur la première route forestière qu’il trouva. Essayant de respirer calmement, le loup se remémora qu’il contrôlait sa transformation habituellement. Vieux et entraîné au sens lupin du terme, il avait appris certains stratagèmes pour la retarder, la ralentir. Il pouvait néanmoins rarement l’éviter lorsqu’elle s’imposait aussi intensément à lui. Retenir la partie animale en lui était de toute façon une chose qu’il répugnait faire. C’était une part de lui autant que l’humaine. Si l’on pouvait éduquer un humain à certaines règles sans lui dénier son droit de vivre alors pourquoi ne pouvait-on le faire avec le loup ? La sauvagerie de l’animal n’était qu’un prétexte. Un Loup ne devenait un sauvage que lorsqu’on l’y poussait et qu’on l’acculait.

Arrêtant la voiture lorsqu’il estima être assez éloigné de la route principale et des éventuels promeneurs nocturnes, il s’en extraya avec difficulté et réalisa alors qu’une fois debout, il tanguait dangereusement. Un miracle s’il n’avait tué personne en sortant de la ville … Il claqua la portière, ferma la voiture et s’enfonça en titubant dans les bois. Aucune lumière, pas même celle de l’astre céleste ; Grim s’arrêta près d’un arbre pour reprendre sa respiration, s’y appuyant d’une main tendue. Son cœur battait à nouveau à grands coups, il sentait le sang affluer au niveau de ses tempes. Tombant à genoux, il réalisa qu’il était encore habillé et entreprit de se débarrasser de chaque vêtement avec la maladresse que confère une trop grande quantité d’alcool sur un esprit en recherchant les effets. La nuit n’avait jamais été aussi noire, il ne vit pas de coin où cacher ses vêtements et les laissa éparses au sol, ne les retrouvant pas tous dans l’obscurité.

La plainte qu’il avait ressentie au plus profond de lui revint le submerger. Malgré lui, un gémissement à la frontière du loup et de l’homme lui échappa. Nu et exposé, Grim sentit les fibres et chaque cellule de son être se livrer à la transformation que son esprit lui réclamait. Il connaissait chaque sensation par cœur, savait la durée moyenne qu’il lui faudrait pour passer d’un état à l’autre. Cette fois il sentit cependant que tout ne se passerait comme prévu. L’esprit embué par les effets placebo de l’alcool qu’il avait consommé, il céda néanmoins. Ce n’était pas comme s’il avait quelconque moyen de lutter de toute manière. La douleur, à laquelle il était habitué suite à de nombreuses transformations, lui rappela cette fois celle de ses débuts. Remontant le long de ses jambes comme des trainées de feu, elle laissait derrière elle une sensation cuisante et pénible qui s’accrut lorsque le processus de la transformation atteignit le haut de son corps. Tombé à quatre pattes, Grim serra les mâchoires et courba la nuque pour endurer la douleur. Cela faisait longtemps que la sensation d’être écorché vif avait été remplacée par une impression moins douloureuse, il en avait presque oublié le vécu. Il se prenait de plein fouet les conséquences qu’occasionnait un éthylisme massif. S’il freinait la psychomotricité d’un humain lambda, il ralentissait considérablement la transformation lupine de Grim et accroissait de ce fait les douleurs qu’il ressentait, prolongeant son supplice. S’il n’avait pas été habitué à entraîner la meute, à se prendre des coups de crocs et se faire mal régulièrement, il aurait probablement hurlé de douleur beaucoup plus tôt. Mais il avait aussi sa fierté.

Elle vola en éclats quand ses os se brisèrent un par un avec une indescriptible lenteur. Déjà à quatre pattes, Grim tomba sur ses coudes et laissa échapper une exclamation étouffée. Fermant les yeux pour se reprendre, se concentrer, il sentit que son corps entier était parcouru de violents frissons. Il passa une langue rapide sur ses lèvres et tâcha d’ignorer les larmes de souffrance qui roulaient, silencieuses, sur sa chair incendiée. Son esprit ne pouvait se raccrocher à celui d’Alena pour l’aider. Il ne pouvait que ressentir, endurer et pressentir chaque trame de la mutation en train de se produire. S’il n’arrivait pas au bout, il ignorait ce qu’il se produirait. La souffrance était telle chaque fois qu’un os se brisait, que sa peau se déchirait un peu plus, il en était presque réduit à souhaiter que cela s’arrête. Mais faire marche arrière était impossible. Il ne pouvait qu’aller dans un sens pour le moment. Et la moitié de la transformation n’était même pas achevée …

Fort de cette conviction et songeant qu’après tout, il allait souffrir quoiqu’il se passe, Grim força son esprit à se concentrer et avancer la transformation. Son corps était couvert de sueurs et agité de tremblements incessants. Ses poumons expiraient un souffle rauque et brûlant. Si quelqu’un s’était trouvé dans les parages et avec un peu de lumière, il aurait sûrement distingué le changement de couleur des prunelles de Grim. Elles avaient à présent une teinte orangée, douloureux écho au brasier incandescent qu’il ressentait dans tous ses membres. Ses jambes commençaient seulement à se couvrir de fourrure et acquérir la forme de pattes.
Ses mains se couvraient lentement de poils d’un noir de jais quand Grim sentit son esprit vaciller. Faiblir. Une pensée glaçante lui étreignit soudain les tripes ; il n’allait pas y arriver. Il n’allait pas pouvoir aller jusqu’au bout. L’accélération brutale de son cœur causée par la peur permit malgré elle d’avancer encore un iota de la transformation mais le loup savait d’avance que ça ne suffirait pas.

Il avait besoin d’aide.
Et vite.
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Jeu 25 Mai - 20:54


Vyranui Wahlberg
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ DC/TC : Edwina S. Svanhildesen, l'alpha de la meute blonde et Ester L. Braaten, conseillère du Roi et Chef des Traqueurs de la meute argentée. Torvald Marklund, chasseur. ▹ PSEUDO : ODAYA OCHAVEN, fondatrice pour vous servir ! ▹ EMPREINTES : 419 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 21/09/2016 ▹ LOCALISATION : Quelque part dans les ombres de Bergen. ▹ HUMEUR : Mauvaise, sombre, antipathique. Pas réellement fréquentable. Encore moins pour les blonds et autres infériorités.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE: Quelques sachets remplis d'herbe, un miroir, un livre de prières et une coupelle pour recueillir le sang de ses patients.



La nuit était tombée depuis plusieurs heures sur la ville et Vyranui venait pourtant de fermer boutique. Les clients avaient afflué toute la journée et, comme il arrivait parfois, quelques loups s’étaient présentés, blessés ou en quête de soulagement, vers les dernières minutes d’ouverture. Evidemment, elle avait accepté de monnayer les soins, étant donné que les loups en question n’étaient ni des blonds, ni des roux. Seul souci, elle avait du coup fermé boutiquer beaucoup plus tard que d’habitude. Un rapide SMS à son fils et à son fiancé pour les prévenir de son retard, avant qu’elle ne prenne la direction de la forêt, là où elle y avait installé sa maison. Vyra comme toujours, n’avait pas pris sa voiture. Elle n’aimait pas plus que ça conduire et préférait largement muter. Certes, c’était un peu compliqué parfois, mais elle trouvait toujours un moyen de se débrouiller, surtout via son don de meute qui lui permettait de sortir de quelques situations délicates. Enfin, son pelage l’aidait également beaucoup, se mêlant aux ombres de la nuit.
Rapidement, elle prit la direction de la forêt, attendant néanmoins d’être à l’orée de celle-ci pour débuter sa transformation. Vyranui avait toujours été sauvage, que ce soit sous sa forme animale ou sous sa forme humaine. Elle appréciait totalement sa nature et était en parfaite adéquation avec celle-ci. Ainsi, les mutations, bien que douloureuses, restaient un moment de plaisir car elles lui permettaient de retrouver une partie d’elle-même à laquelle elle n’avait accès qu’après la mutation. Sa louve, ou sa forme lupine plutôt, était une partie si importante de sa personne qu’elle ne se voyait pas se passer de mutation. Pour elle, muter une fois par semaine était le minimum. D’autant plus qu’elle se sentait plus en harmonie avec la Lune et Fenrir, se rapprochant de ce dernier, de ses croyances et à n’en pas douter, de son don. C’était le moment préféré de la journée, celui où elle s’élançait sous forme lupine, courant après les astres et profitant de la beauté de son corps, de la musculature de sa forme animale. C’était un moment divin, dont elle profitait allègrement, comprenant la chance qu’elle avait eu. La chance que Fenrir lui avait donné d’être si particulière, d’être différente.

Alors qu’elle courait, profitant de la nuit tombée, elle sentit une aura bousculer la sienne. C’était sans doute involontaire, cette dernière étant débridée, incertaine, faible. Curieuse, la louve se fondit dans les ombres de la forêt, cherchant d’où elle pouvait provenir. A quelques mètres d’elle, un solitaire, coincé entre les deux formes. Elle ne le connaissait pas, mais sans même comprendre ce qu’elle faisait, se précipita à son chevet. Il pouvait être le pire être de la planète, même en tant que louve noire, elle ne choisirait pas une mort aussi horrible, d’autant qu’elle était plus que croyante. Elle courut vers le loup et lança son aura, ainsi que ses prières vers le loup. Elle espérait que sa simple aura suffirait, sans savoir vraiment ce qu’il adviendrait du loup. Et s’il mourrait, coincé entre deux formes ? En un être immonde, ne ressemblant à rien d’autre ? Elle ne voulait pas voir ça, au nom de Fenrir, ce n’était pas quelque chose qu’elle souhaitait voir ou expérimenté. Jamais. Elle lança son aura, espérant qu’il puisse s’y raccrocher, que ça l’aiderait à achever le travail.


But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer — .
And maybe, i'will save your heart.
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Jeu 15 Juin - 12:20


Grim Solheim
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 308 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 42 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

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La transformation n’avançait presque plus.
Le corps et l’esprit éreintés, le vieux Loup haletait dans la nuit. La douleur avait chassé l’alcool, il n’en ressentait plus vraiment les effets. Tout ce qu’il éprouvait à présent était la douleur. Douleur dans ses os. Douleur dans sa chair. Dans son esprit. Il ne sentait plus les larmes rouler sur son visage, le reste de son corps lui faisait trop mal pour songer encore à ce fait. Ce n’est qu’en la sentant arriver, courir jusqu’à lui, que le loup prit le dessus sur ses blessures. Il lança un regard noir d’avertissement accompagné d’un grondement à la louve qui se précipitait sur lui. Il était encore à moitié humain, en mutation, n’avait-elle aucune honte d’elle-même à attaquer de la sorte ?

C’est en sentant la poussée inquiète et volontaire de son aura contre la sienne que Grim comprit qu’il se méprenait. Complètement. La louve qui se tenait près de lui était une Guérisseuse et par dieu sait quel moyen, elle avait entendu l’appel qu’il n’avait pas lancé. Elle venait à son aide. Abandonnant la posture pseudo-menaçante qu’il pouvait se permettre sous cette forme hybride pour la laisser approcher, le loup ne cessa néanmoins pas de gronder. Afficher ses faiblesses, même lorsqu’on était simple solitaire, ne relevait pas d’un acte de volonté. C’était folie que de s’exposer ainsi. Et Grim le savait. Si elle le voulait, s’il lui prenait la moindre envie de l’humilier et de l’achever, là, la louve était largement en mesure de le faire. Il était à sa merci. Littéralement. Son grondement était là pour leur rappeler à tous les deux : il détestait cette situation, se sachant vulnérable. La présence de la Guérisseuse allait néanmoins se révéler d’une aide précieuse.

Soutenant l’aura du solitaire de la sienne, la louve jeta ses propres forces dans la transformation afin d’aider l’esprit éreinté à achever ce qu’il avait entamé. L’instant n’était guère à la méfiance, son corps et son esprit souffraient trop de cette hybridation précaire pour le laisser s’interroger sur les motivations de la louve. Encore moins pour éprouver une quelconque honte. Sa fierté se chargerait de le morigéner dès la transformation achevée. Pour l’instant, il s’agissait surtout de se laisser soutenir. Aidé par la force de la louve, Grim parvint à relancer l’engrenage douloureux de sa lupinification. Contractant ses mâchoires pour ne pas gémir tout haut lorsque les os de son visage se brisèrent et allongèrent sa bouche en une gueule deux fois plus grande, il lança à son tour les forces qu’il lui restait pour terminer au plus vite ce supplice. Sa colonne s’allongea ainsi que ses bras et jambes et lorsque la fourrure acheva de le recouvrir entièrement, il était enfin loup. Intégralement.

Les premières secondes, il vacilla, tête basse, les pattes faiblardes. Jamais transformation n’avait autant consommé son énergie. Les effets de l’alcool avaient cette fois véritablement disparu et son esprit, bien qu’épuisé, avait chassé la brume léthargique qui l’environnait quelques heures auparavant. Il allait devoir dormir sous cette forme s’il voulait retrouver assez d’énergie pour se transformer dans l’autre sens. Pour le moment, le loup songeait surtout à celle qui se trouvait toujours près de lui. A défaut de pouvoir la regarder, il la sentait, par l’odorat et par l’aura. Elle ne semblait pas prête à l’attaquer. Elle patientait, attentive aux mouvements de l’énorme loup noir qu’elle venait d’aider. Que ce soit sous cette forme ou l’autre, Grim ignorait comment il pourrait jamais racheter pareille dette. Sa honte était immense, étranglant la reconnaissance qu’il était censé éprouver à ce moment. A vrai dire il l’était, reconnaissant, mais aucune attitude ne lui semblait appropriée pour le signifier. Sans doute la Guérisseuse comprenait-elle ; elle faisait partie d’une meute, elle savait comment tout cela fonctionnait et ô combien un solitaire ne pouvait se permettre de paraître faible. Il pouvait déjà s’estimer heureux qu’elle ne lui saute pas à la gorge maintenant sa transformation achevée.

Exécrant cette envie de fourrer son museau sous sa patte, il maintint simplement sa queue en position basse, signifiant à la louve qu’elle était quoiqu’il arrive supérieure à lui à cet instant. Il n’était pas effrayé mais il ne pouvait s’écarter de l’idée que sans elle, Fenrir l’aurait probablement abandonné à mi-chemin entre ces deux formes de vie. Leçon ou punition, il était encore trop tôt pour le dire.

Le museau pointant toujours vers le bas, le regard perdu sur le sol, Grim poussa finalement un long soupir qui gonfla un instant son poitrail parsemé de poils noirs et blancs. Il leva son attention vers la louve et la regarda enfin. Plus petite que lui, elle se fondait parfaitement dans l’obscurité avec son pelage d’encre. Comme nombre de ses semblables Guérisseurs, elle n’était pas taillée pour le combat ou la traque, ses attaches étaient trop fines et délicates pour cela. A ses côtés, Grim passait probablement pour encore plus massif. Un géant noir aux lourdes pattes. Cela n’empêchait pas le solitaire de la considérer selon le rang et le respect qui lui étaient dévolus, ce d’autant qu’elle l’avait tiré du plus mauvais pas dans lequel un lycan puisse se retrouver. Il ne pouvait se soumettre à elle,  car elle n’était pas le Roi, mais le doux et lent gémissement qu’il lui adressa valait pour preuve la reconnaissance éternelle qu’il aurait envers cette louve.

Se rappelant la raison première de sa transformation ce soir, le loup jeta un dernier regard à la louve et s’éloigna. Il ignorait d’où elle venait. Il ignorait où elle allait. Il la laissa donc décider de le suivre ou non. Après tout, peut-être aurait-il encore besoin d’elle … L’idée ne le ravissait pas mais il ne pouvait malheureusement nier son état de fatigue. Il ne se retourna pas mais la légère trace d’aura qu’il laissa à l’attention de la louve suffirait comme invitation. Lentement, il s’enfonça dans la forêt.
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Mer 28 Juin - 10:43


Vyranui Wahlberg
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▹ DC/TC : Edwina S. Svanhildesen, l'alpha de la meute blonde et Ester L. Braaten, conseillère du Roi et Chef des Traqueurs de la meute argentée. Torvald Marklund, chasseur. ▹ PSEUDO : ODAYA OCHAVEN, fondatrice pour vous servir ! ▹ EMPREINTES : 419 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 21/09/2016 ▹ LOCALISATION : Quelque part dans les ombres de Bergen. ▹ HUMEUR : Mauvaise, sombre, antipathique. Pas réellement fréquentable. Encore moins pour les blonds et autres infériorités.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE: Quelques sachets remplis d'herbe, un miroir, un livre de prières et une coupelle pour recueillir le sang de ses patients.



Comme elle, si elle s’était retrouvée dans la même situation, le loup grogna, montrant des crocs qui n’étaient ni humains, ni lupins. Les yeux voilés par une vision d’horreur, elle pria Fenrir de toute son âme qu’il fasse quelque chose. Sans même le vouloir, elle lança son aura de louve, ajoutant à celle-ci son don de guérison. Horrible, douloureux, elle savait qu’il lui ferait d’autant plus mal que sa mutation et que sur le coup, sans doute, qu’il crut qu’elle allait le tuer. Pourtant, rapidement, elle put se mettre au travail. C’était différent, étrange. L’instinct parlait. Sous forme humaine, elle aurait pu comprendre, expliquer, elle aurait su ce qu’elle faisait. La louve n’ayant pas sa conscience humaine, elle agissait à l’instinct, laissant son Don parler, travailler pour elle. Quelques heures plus tard, une fois que tout ceci serait terminé, elle sentait qu’elle ne serait pas capable d’expliquer ce phénomène. De toute façon, comme toute louve dans une telle situation, elle ne cherchait pas à comprendre, elle agissait. Fonçant tête baissée vers un solitaire qu’elle ne connaissait pas, son don déchirait les tissus pour les aider à cicatriser, finissait de briser les os pour que la mutation puisse se terminer. Couchée aux côtés du loup, à bonne distance pour éviter un coup de patte malencontreux, unis dans une situation qui dépassait l’entendement, elle donnait tout ce qu’elle avait pour sauver un parfait étranger.

Finalement, après quelques minutes longues et éreintantes, le nez devint museau, les bras devinrent pattes et d’une forme hybride, il passa à une forme totalement lupine. D’un pelage sombre et teinté de gris, le solitaire était imposant. Plus vieux qu’elle, plus âgé, plus expérimenté, elle sentit qu’il s’agissait également d’un ancien bêta. Elle recula de quelques pas, la langue pendante, fatiguée par l’effort qu’elle venait de donner après avoir soigné toute la journée. Couchée, les oreilles basses en signe de méfiance, elle ne grognait pas, évitant pourtant un contact trop proche avec le loup qu’elle venait d’aider. Malgré toute sa bonne volonté, elle ne le connaissait pas et ne risquerait pas de se faire attaquer. Elle nota sa fatigue, nota qu’il n’était sans doute pas en état pour changer de forme, ou peut-être même pour marcher, courir et trouver un abri. La mutation l’avait totalement épuisé, ce qui s’avérait totalement compréhensible.

Le loup, la queue en position basse, se soumit à la guérisseuse. Peu habituée à ce genre de comportement, elle jappa de mécontentement. Qu’il ne s’y méprenne pas, elle ne l’attaquait pas et ne le défiait pas. Elle semblait juste lui dire « c’est bon, pas la peine ». Ou toute autre phrase du genre. En tant que Guérisseuse, Vyranui était totalement habituée au respect de son Don et de sa Position au sein de sa meute, mais elle n’attendait pas non plus à soumettre les loups autour d’elle, enfin, pas quand elle les aidait. Certes, elle savait profiter de sa position et humilier les loups quand elle estimait que c’était nécessaire, aujourd’hui, étrangement, elle ne ressentait pas ce besoin. Au contraire, elle trouvait que ce n’était qu’un comportement normal, sans doute guidé par Fenrir en personne. Qui d’autre qu’un Guérisseur aurait pu l’aider dans une telle situation ? Il aurait sans doute eu besoin de plusieurs auras pour réussir à s’en remettre, ou d’un seul alpha. Coïncidence qu’elle se soit retrouvée au bon endroit au bon moment ? Ou signe d’un geste divin ? La louve remercierait son Dieu en rentrant. Finalement, le loup poussa un long soupir, levant son menton vers Vyranui. Cette dernière planta ses yeux pailletés d’or dans les siens, les oreilles levées. Un doux et lent gémissement s’échappa d’entre ses crocs, auquel Vyranui d’un jappement enjoué. Le loup lui jeta un dernier regard et s’éloigna dans la nuit. Quant à elle, elle resta quelques instants encore couchée dans l’herbe, regardant la bête massive s’éloignée, mémorisant chaque pas qu’il faisait, son odeur et son aura. Le jour où ils se recroiseraient, elle aimerait pouvoir discuter avec lui. Voyant qu’il n’allait pas bien loin, craignant également qu’il ne se perde en Norvège, alors que sa silhouette disparaissait au loin, d’une fulgurante détente sur ses pattes arrières, Vyranui s’élança à sa poursuite.
Une trace d’aura lui permit de le suivre et, rapidement, la jeune femme retrouva le loup. Elle vint se mettre à ses côtés, gardant pourtant une légère distance avec lui. Fine et plus menue que lui, elle semblait toute chétive à ses côtés. Ne sachant pas réellement quoi faire de lui, elle décida de l’emmener à son loup, augure, il saurait sans doute comment réagir. D’un mouvement de museau elle l’invita à le suivre. Ils s’enfoncèrent dans la forêt, suivant le chemin dessiné par la louve. Tranquillement, sans courir, leurs pattes s’enfonçant dans le sol, ils profitèrent de la nuit dans un silence respectueux. Vyranui s’éloigna un instant pour attraper un lièvre qui passait par là, acceptant de partager sa proie avec ce loup qui en avait bien besoin.

Comme elle, si elle s’était retrouvée dans la même situation, le loup grogna, montrant des crocs qui n’étaient ni humains, ni lupins. Les yeux voilés par une vision d’horreur, elle pria Fenrir de toute son âme qu’il fasse quelque chose. Sans même le vouloir, elle lança son aura de louve, ajoutant à celle-ci son don de guérison. Horrible, douloureux, elle savait qu’il lui ferait d’autant plus mal que sa mutation et que sur le coup, sans doute, qu’il crut qu’elle allait le tuer. Pourtant, rapidement, elle put se mettre au travail. C’était différent, étrange. L’instinct parlait. Sous forme humaine, elle aurait pu comprendre, expliquer, elle aurait su ce qu’elle faisait. La louve n’ayant pas sa conscience humaine, elle agissait à l’instinct, laissant son Don parler, travailler pour elle. Quelques heures plus tard, une fois que tout ceci serait terminé, elle sentait qu’elle ne serait pas capable d’expliquer ce phénomène. De toute façon, comme toute louve dans une telle situation, elle ne cherchait pas à comprendre, elle agissait. Fonçant tête baissée vers un solitaire qu’elle ne connaissait pas, son don déchirait les tissus pour les aider à cicatriser, finissait de briser les os pour que la mutation puisse se terminer. Couchée aux côtés du loup, à bonne distance pour éviter un coup de patte malencontreux, unis dans une situation qui dépassait l’entendement, elle donnait tout ce qu’elle avait pour sauver un parfait étranger.

Finalement, après quelques minutes longues et éreintantes, le nez devint museau, les bras devinrent pattes et d’une forme hybride, il passa à une forme totalement lupine. D’un pelage sombre et teinté de gris, le solitaire était imposant. Plus vieux qu’elle, plus âgé, plus expérimenté, elle sentit qu’il s’agissait également d’un ancien bêta. Elle recula de quelques pas, la langue pendante, fatiguée par l’effort qu’elle venait de donner après avoir soigné toute la journée. Couchée, les oreilles basses en signe de méfiance, elle ne grognait pas, évitant pourtant un contact trop proche avec le loup qu’elle venait d’aider. Malgré toute sa bonne volonté, elle ne le connaissait pas et ne risquerait pas de se faire attaquer. Elle nota sa fatigue, nota qu’il n’était sans doute pas en état pour changer de forme, ou peut-être même pour marcher, courir et trouver un abri. La mutation l’avait totalement épuisé, ce qui s’avérait totalement compréhensible.

Le loup, la queue en position basse, se soumit à la guérisseuse. Peu habituée à ce genre de comportement, elle jappa de mécontentement. Qu’il ne s’y méprenne pas, elle ne l’attaquait pas et ne le défiait pas. Elle semblait juste lui dire « c’est bon, pas la peine ». Ou toute autre phrase du genre. En tant que Guérisseuse, Vyranui était totalement habituée au respect de son Don et de sa Position au sein de sa meute, mais elle n’attendait pas non plus à soumettre les loups autour d’elle, enfin, pas quand elle les aidait. Certes, elle savait profiter de sa position et humilier les loups quand elle estimait que c’était nécessaire, aujourd’hui, étrangement, elle ne ressentait pas ce besoin. Au contraire, elle trouvait que ce n’était qu’un comportement normal, sans doute guidé par Fenrir en personne. Qui d’autre qu’un Guérisseur aurait pu l’aider dans une telle situation ? Il aurait sans doute eu besoin de plusieurs auras pour réussir à s’en remettre, ou d’un seul alpha. Coïncidence qu’elle se soit retrouvée au bon endroit au bon moment ? Ou signe d’un geste divin ? La louve remercierait son Dieu en rentrant. Finalement, le loup poussa un long soupir, levant son menton vers Vyranui. Cette dernière planta ses yeux pailletés d’or dans les siens, les oreilles levées. Un doux et lent gémissement s’échappa d’entre ses crocs, auquel Vyranui d’un jappement enjoué. Le loup lui jeta un dernier regard et s’éloigna dans la nuit. Quant à elle, elle resta quelques instants encore couchée dans l’herbe, regardant la bête massive s’éloignée, mémorisant chaque pas qu’il faisait, son odeur et son aura. Le jour où ils se recroiseraient, elle aimerait pouvoir discuter avec lui. Voyant qu’il n’allait pas bien loin, craignant également qu’il ne se perde en Norvège, alors que sa silhouette disparaissait au loin, d’une fulgurante détente sur ses pattes arrières, Vyranui s’élança à sa poursuite.
Une trace d’aura lui permit de le suivre et, rapidement, la jeune femme retrouva le loup. Elle vint se mettre à ses côtés, gardant pourtant une légère distance avec lui. Fine et plus menue que lui, elle semblait toute chétive à ses côtés. Ne sachant pas réellement quoi faire de lui, elle décida de l’emmener à son loup, augure, il saurait sans doute comment réagir. D’un mouvement de museau elle l’invita à le suivre. Ils s’enfoncèrent dans la forêt, suivant le chemin dessiné par la louve. Tranquillement, sans courir, leurs pattes s’enfonçant dans le sol, ils profitèrent de la nuit dans un silence respectueux. Vyranui s’éloigna un instant pour attraper un lièvre qui passait par là, acceptant de partager sa proie avec ce loup qui en avait bien besoin.


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Grim Solheim
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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 308 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 42 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Le solitaire ne s’enfonça que d’une centaine de mètres dans les profondeurs de la forêt avant qu’il n’entende et ne sente une présence à présent un peu moins étrangère venir se positionner à ses côtés. La Guérisseuse avait finalement pris le parti de le suivre. Il n’en exprima aucune émotion, laissant son absence de remontrance à l’égard de la petite louve lui montrer à nouveau que sa présence n’était ni indésirable, ni malvenue. En silence et sans presser le pas, ils avancèrent dans les ténèbres. Grim ne connaissant encore guère les environs se laissa volontiers guider lorsque la Guérisseuse pointa du museau une direction. Avait-elle une idée derrière la tête ? Souhaitait-elle lui faire découvrir le coin ? Il aurait fallu quelques mots d’humain pour le deviner. Le solitaire se laissa néanmoins mener sans broncher. L’inconnu n’effrayait jamais bien longtemps un loup et les émanations d’aura de la Guérisseuse suffisaient à le convaincre qu’elle ne lui tendait pas un piège. Quel intérêt y aurait-elle trouvé de toute façon ? Elle l’avait aidé, elle savait qu’il était affaibli et il n’était qu’un solitaire, il ne représentait rien aux yeux d’un loup de meute. Si son orgueil se trouvait froissé à cette pensée, Grim était trop exténué pour en débattre. Comme il l’avait exprimé à Solskinn, roi des Loups de Norvège, il voulait la paix. Dans son esprit et dans sa vie. Si cela passait par une certaine infériorité au regard des autres loups, qu’à cela ne tienne. Il avait 40 ans, bientôt 41, il avait été Bêta d’une des plus grandes meutes de Berlin et d’Allemagne ; il n’avait plus rien à prouver, ni à lui, ni aux autres.

La louve disparut à un moment, s’écartant sans un bruit du chemin qu’elle leur faisait suivre. Prêtant l’oreille et le museau à la vie de la forêt, Grim sentit rapidement son estomac s’ouvrir à la vue du butin qu’elle ramena en caracolant. Il la regarda déposer le lièvre au sol et l’inviter d’une façon inexplicable par des mots humains à partager cette proie avec elle. D’abord hésitant, le regard du solitaire sonda celui de la Guérisseuse. Il approcha finalement lentement les crocs du lièvre et, ne sentant toujours aucune animosité de la part de la louve, laissa son énorme mâchoire se refermer sur l’abdomen du cadavre encore chaud. Le sang coula avec délice contre sa langue et il dut réfréner un grondement lorsque le museau fin de la louve chatouilla ses babines, se rappelant qu’il devait ce repas à celle qui se servait en même temps que lui. Tâchant du mieux qu’il put d’étouffer le besoin de dominance qui réapparaissait maintenant qu’il reprenait du poil de la bête, le solitaire s’écarta finalement. Sa queue à présent plus haute fouetta deux-trois fois l’air, manifestant son contentement de la situation.

Leur lièvre avalé, les deux loups reprirent leur route. Toujours côte à côte, Grim se voyait moins vaciller sur ses énormes pattes. Son équilibre et sa force lui revenaient progressivement permettant d’accélérer légèrement l’allure. Ils traversèrent ainsi une petite partie de la forêt avant que le solitaire ne ralentisse brutalement le pas. Ignorant toujours leur destination, il avait néanmoins repérer des odeurs différentes de celles habituelles de la forêt. Ayant un odorat aiguisé par une compétence qui lui était propre et innée, il ne pouvait dire si la louve était capable de sentir ces effluves elle aussi mais l’idée que leur but soit précisément de rejoindre l’épicentre de ces odeurs germa dans son esprit. A défaut de pouvoir exprimer clairement sa méfiance et son interrogation, le solitaire laissa son aura s’expandre et interpeller la louve. A noter qu’il n’était pas entièrement réticent, une part de lui restait confiant vis-à-vis de la Guérisseuse qui l’avait tiré de son mauvais pas mais l’idée d’entrer dans sa maison flanqué de deux autres loups et de se retrouver soudainement plus vulnérable qu’il ne l’avait été déjà auparavant … Cela ne lui plaisait guère. Affaibli comme il était, même en ayant récupéré quelques forces, il ne ferait jamais le poids. D’autant qu’il ignorait qui étaient les deux autres loups dont il sentait le parfum environnant les alentours. Deux mâles, à n’en pas douter mais quelle taille ? Quel âge ? Quel rang ? Tout cela ne lui disait rien qui vaille.

Laissant échapper un jappement de contrariété pour appuyer auprès de la louve sa sensation de malaise, il plongea son regard dans le sien, attendant ses explications. Où l’emmenait-elle ?
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Mar 11 Juil - 14:23


Vyranui Wahlberg
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▹ DC/TC : Edwina S. Svanhildesen, l'alpha de la meute blonde et Ester L. Braaten, conseillère du Roi et Chef des Traqueurs de la meute argentée. Torvald Marklund, chasseur. ▹ PSEUDO : ODAYA OCHAVEN, fondatrice pour vous servir ! ▹ EMPREINTES : 419 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 21/09/2016 ▹ LOCALISATION : Quelque part dans les ombres de Bergen. ▹ HUMEUR : Mauvaise, sombre, antipathique. Pas réellement fréquentable. Encore moins pour les blonds et autres infériorités.

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✤ MON INVENTAIRE: Quelques sachets remplis d'herbe, un miroir, un livre de prières et une coupelle pour recueillir le sang de ses patients.



Le loup à ses côtés eu du mal à partager sa proie, chose qui fit grimacer – si tant est qu’un loup puisse grimacer – Vyranui. Pour un homme, il était particulièrement faible. Non seulement il n’arrivait pas à se sortir de sa mutation, mais il se permettait également de remettre en cause la chasse d’une louve. Soit il avait pris un coup sur la tête, soit il était particulièrement stupide. Du fait de son statut de chasseur, il pouvait également avoir des coutumes différentes de celles de la louve, mais l’idée ne traversa même pas son cerveau désormais trop bestial pour s’interroger de manière aussi pointue sur les raisons de son refus. Evidemment, elle put malgré tout plonger ses crocs dans la chaire sanguinolente de l’animal qu’elle avait tué, après un petit grognement de mécontentement. Patiente, son pelage de suie ne laissa pas transparaître ses émotions, son aura non plus et sa gorge n’émit aucun son.

Alors qu’ils avançaient dans la pénombre de la forêt, Vyranui se décida à emmener chez elle l’inconnu. En soit, elle n’avait pas réellement envie de lui faire découvrir le territoire norvégien, ou de mettre en danger son enfant, mais elle avait comme l’intuition qu’une rencontre avec son fiancé ne ferait de mal à personne. D’autant plus que vu son état, il était sans doute préférable qu’il passe le reste de la nuit aux côtés de trois loups en pleine possession de leur mutation, plutôt que seul. Le risque d’être coincé à nouveau était infime, mais la présence de plusieurs auras permettrait d’éviter tout soupçon. Ça, la louve le savait, mais sous cette forme, elle était incapable de lui expliquer. Au jappement de contrariété du loup quand il découvrir au loin la maison et la présence des deux loups, la guérisseuse répondit par un jappement de joie. Elle plongea ses pupilles dorés dans celles du solitaire, tentant par l’aura de lui montrer des images, malgré leurs deux statuts opposés. Elle appartenait à une meute, lui non, de ce fait la communication serait plus difficile et les images, plus floues. Elle s’en fichait, préférant faire l’effort de lui expliquer, plutôt que de passer outre son avis. Après tout, rien ne lui coûtait d’essayer et si, par hasard, il n’en faisait qu’à sa tête, elle n’aurait qu’à le laisser là. Vyra resta sur des images simples, lui envoyant l’image d’une famille composée de trois loups noirs, lui montrant un louveteau tétant sa mère et revenant, une dernière fois, sur l’image d’une famille. Sa famille.
Sigvard et Ivar ne feraient pas de mal à leur invité surprise, elle le savait parfaitement, mais elle savait également que pour un solitaire, affaibli, sans meute et sans moyen de repli dans un territoire inconnu, se rapprocher d’autant de loups pouvait être effrayant. C’était donc à lui de savoir si oui, ou non, il prendrait le risque de rencontrer les deux hommes de Vyranui.


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Mer 9 Aoû - 19:00


Grim Solheim
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La louve, loin de se formaliser, répondit à ses doutes par un jappement de joie. Stoppant son avancée, elle revint vers lui et sans qu’il ait besoin de réclamer plus avant, l’aura de la Guérisseuse se fit imagée. Attentif malgré leurs difficultés à faire entendre des pensées complexes sous cette forme, Grim comprit ce vers quoi elle le dirigeait. Il ressentait toujours une pointe de réserve mais ne pouvait esquiver la reconnaissance étonnée qu’il éprouvait spontanément en se voyant invité dans le foyer de la petite louve.

Acceptant de la suivre, il le lui signifia en reprenant de lui-même leur marche silencieuse en direction des odeurs qui leur parvenaient. Il avait conscience que ses hésitations pouvaient froisser l’hospitalité et la générosité de la louve. A en juger par la réassurance dont elle faisait preuve, il comprenait cela étant qu’elle ne lui en faisait pas cas pour le moment. Les mœurs des loups norvégiens semblaient en partie différentes de celles de l’allemand. S’il avait soupiré face à la psychose autour de son arrivée sur le territoire, psychose exprimée par la chef des Traqueurs, Ester Braaten, il se retrouvait curieusement en position complètement inverse avec la petite louve noire. Il était cependant plus affaibli, marqué par sa douloureuse transformation qui ne s’était achevée qu’avec le concours de la Guérisseuse et il avait par ailleurs eu quelques jours pour découvrir le comportement et l’ambiance qui régnait entre les meutes à Bergen. Tout cela ne favorisait guère la confiance en son prochain. Mais, jetant un regard discret à la silhouette sombre qui louvoyait à côté de lui, le solitaire songea qu’il ne fallait probablement pas larguer tout le monde dans la même tanière et y mettre le feu. L’espoir d’une vie tranquille, entouré par ses semblables, loin d’un passé tranchant, subsistait encore.

Leurs pas les menèrent en fin de compte jusqu’à la demeure de la Guérisseuse. Grim prit un instant pour en observer la façade extérieure. L’architecture moins norvégienne que certaines rues de la ville n’en donnait pour autant pas moins l’allure d’une demeure calme et retirée, au cœur des forêts scandinaves. On ne semblait y accéder que difficilement en voiture et ce trait collait bien à une maison remplie de loups où chaque habitant finissait par y arriver à quatre pattes plutôt qu’à pieds.
Suivant son hôte qui lui indiquait l’entrée de la maison, Grim sentit les marches du perron gémir doucement sous le poids de sa masse mais tenir bon. Il resta ensuite à l’extérieur. De sa position, il voyait l’entrée, le parquet magnifique et entièrement lavé, la douce et chaude lumière qui émanait un peu plus loin et ne pouvait appartenir qu’à une cheminée. Il sentait aussi les restes d’un repas humain et plus intensément que précédemment, la présence des deux autres loups, famille de la Guérisseuse. Lorgnant un instant sur l’intérieur, le loup tourna finalement la tête vers la forêt puis vers la petite louve.

Ce n’était pas la peur qui la tenait, il avait compris ses intentions et lui accordait la même confiance que celle qu’elle lui témoignait. Il était cependant indécis à entrer. Ce ne fut que lorsque son regard tomba sur le paillasson posé devant l’entrée qu’il se décida. Posant ses lourdes pattes dessus, il commença à le gratter d’abord lentement puis avec plus de vigueur, débarrassant ses coussinets de la terre et la poussière accumulées. S’essuyant littéralement les pattes, le solitaire imita un comportement que les loups avaient souvent pour une autre raison, griffant le sol pour y marquer leur passage. Loup ou pas, il ne se voyait guère pénétrer dans une maison sous cette forme avec des pattes boueuses. Une fois sa tâche accomplie, il regarda son hôte avec un soupçon d’excuse dans le regard. On l’avait éduqué avec des manières qu’il tenait à honorer.

Etant donné qu’elle était la maîtresse de maison et qu’il ne connaissait ni les lieux, ni ses deux autres habitants, il la laissa entrer la première et le guider.
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Mar 15 Aoû - 15:24


Vyranui Wahlberg
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▹ DC/TC : Edwina S. Svanhildesen, l'alpha de la meute blonde et Ester L. Braaten, conseillère du Roi et Chef des Traqueurs de la meute argentée. Torvald Marklund, chasseur. ▹ PSEUDO : ODAYA OCHAVEN, fondatrice pour vous servir ! ▹ EMPREINTES : 419 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 21/09/2016 ▹ LOCALISATION : Quelque part dans les ombres de Bergen. ▹ HUMEUR : Mauvaise, sombre, antipathique. Pas réellement fréquentable. Encore moins pour les blonds et autres infériorités.

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La louve n’avait pas pour habitude de se montrer compatissante ou altruiste, mais en tant que solitaire et en tant que nouveau en Norvège, qui en plus avait failli mourir dans une position inconfortable, elle sentait que c’était une occasion à saisir. La forme animale de la louve ne réfléchissait pas, c’était son instinct qui la poussait à agir. C’était ce même instinct qui l’incitait à venir prendre du repos en sécurité, dans la demeure d’une personne qui serait en capacité de l’aider s’il le fallait : elle. Bien sûr, son marqué, Augure, saurait s’il était une menace ou non. Elle avait confiance en son instinct et en Fenrir pour leur souffler la présence d’un danger. Alors, elle tentait le tout pour le tout et lui offrait un toi, le temps qu’il récupère de sa mutation dangereuse. Elle ne craignait pas réellement le loup, parce qu’au pire des cas, ils étaient trois et il était seul. De toute façon, après le service qu’elle venait de lui rendre, il aurait été idiot de se balader seul dans la nature ou de vouloir s’en prendre à elle. La maisonnée, perdue dans la forêt, ne lui donnerait aucune indication sur la position des autres meutes ou du reste de la meute à laquelle appartenait Vyranui et sa famille. C’était une sécurité qu’ils appréciaient, surtout dans ce genre d’instant. Donc, en soit, elle ne risquait rien et sa meute non plus.

Vyranui passa le pas de sa maisonnée, ne doutant pas qu’il finirait par la suivre. Elle se frotta contre son futur époux et contre son fils, les laissant passer leurs mains dans son pelage. Ces derniers étaient en train de faire le repas, elle leur fit comprendre qu’elle ne changerait pas de forme. Bien que petite par rapport au loup qui l’accompagnait, elle faisait déjà un bon mètre au garrot, prenant la place d’un gros chien dans la maisonnée. Elle monta sur le premier fauteuil qu’elle trouva et s’y installa le plus confortablement possible. Le loup finit par entrer, les rejoignant. Elle jappa, lui présentant les loups qui partageaient sa vie à l’aide de flash imagés. L’un représentait la naissance du petit, l’autre la morsure que son fiancé lui avait imposée. Deux images suffisamment claires pour n’importe quel loup. Redescendant du fauteuil, elle incita le loup à la suivre, lui montrant la chambre d’ami, une douche pour se laver, des habits à enfiler dans un placard qu’elle poussa du museau et enfin la porte de derrière, jamais fermée, s’il souhaitait aller courir dans la forêt. Enfin, elle retourna dans le salon, donnant sur la cuisine, où en toute tranquillité, elle vint mettre son museau afin de renifler les plats. Jappant de plaisir, elle décida de rester sous forme animale pour dîner, aux côtés du nouveau venu. Deux assiettes furent posées sur le sol, suffisamment garnies pour remplir des estomacs d’ogres et Vyranui se fit un plaisir de tout dévorer. Elle en mit partout, sans aucune gêne, avant de se lécher les babines. Une fois qu’elle eut nettoyé ses bêtises à grandes lapées, elle s’installa sur le sofa du salon, où elle se coucha, posant un regard sur le solitaire, ravie de le voir reprendre des forces.


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Dim 3 Sep - 18:01


Grim Solheim
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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 308 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 42 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

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Remarquable d’hospitalité, la louve lui présenta son compagnon et son fils ainsi qu’une chambre qui lui semblait attribuée pour un temps indéterminé, des vêtements de rechange si survenait une transformation inopinée, ainsi que la salle de bains pour se laver. Puis arriva le souper. Nullement perturbés par la présence du solitaire à leur table, la petite famille agit de façon courtoise avec lui sans bousculer leur schéma habituel. Conscient qu’il n’était ni regardé, ni jugé, le loup se détendit et mangea sa ration sans masquer un instant l’appétit vorace qui le tenaillait. A quoi bon se retenir en présence de semblables.

Une fois le dîner englouti, la louve quitta le tapis de la salle à manger pour rejoindre un des sofas du salon. S’y lovant avec un délice non feint, elle posa son regard calme et ambré dans celui de Grim, resté près de son assiette. Les deux hommes débarrassaient la table. Leur jetant un instant un regard, il rejoignit finalement la louve dans le salon, posant son arrière train sur le parquet avant de décider d’allonger son énorme silhouette. Il gardait la tête haute comme un loup aux aguets l’aurait fait. Il ne l’était plus vraiment, la fatigue, l’estomac plein, tout cela contribuait à lui donner sommeil. Il ne se sentait par ailleurs plus vraiment en danger. Il savait que la Guérisseuse veillait. Ses prunelles pailletées d’or ne le quittait jamais très longtemps. Il ignorait d’où surgissait cette hospitalité, était-ce sa particularité ? Ou bien une caractéristique de sa meute ? Un comportement typiquement norvégien peut-être ? Il l’ignorait mais plus il avançait et moins la réponse lui souciait.

Le bruit de la vaisselle qu’on racle sur le parquet attira son attention. C’était le fils qui ramassait son assiette par terre. Grim regarda pensivement en direction de la cuisine tandis que le garçon y revenait. Il fit une plaisanterie à l’autre homme, occupé à ranger dans le frigo les restants de nourriture. Le loup observa la scène en silence, inclinant doucement la tête comme pour en saisir pleinement tous les aspects. Il n’avait jamais connu cela. Une famille, aimante et soudée. Un quotidien dans lequel s’installer en rentrant le soir. Sa famille à lui n’avait guère été du genre démonstratrice. Elle lui avait forgé son caractère, il aimait chacun des membres qui la composaient ; mais ce n’était pas cela. Cela n’y ressemblait même pas. Aucun des Solheim ou des Rosenthal ne possédait la capacité physique ou mentale de marquer son affection face au reste de la famille. Cela ne se faisait pas. Ce n’était sans doute pas interdit mais implicitement, ce n’était pas dans leurs mœurs. Ils avaient de la retenue, une façade polie même lorsqu’il s’agissait de s’adresser aux enfants. Tous les Allemands n’étaient probablement pas de cette sorte mais la famille de Grim l’était. Il avait grandi dans cet univers là. Il était devenu lui-même comme cela. Taciturne, avare d’attentions ou de compliments. Il en découlait un personnage assez froid, calme, posé. Un rocher sur lequel s’échouer disait Markus. Une ancre à laquelle accoster disait Alena …

* * *
Quelques heures plus tard

Réveillé par le souvenir de la jeune femme, le loup redressa la tête et observa autour de lui. La maisonnée était endormie, les lumières éteintes. Il se trouvait toujours dans le salon, roulé sur le flanc. Il avait dû s’endormir sans vraiment s’en rendre compte. La petite louve noire avait disparu de son sofa, sans doute montée dormir avec son compagnon en voyant son invité se glisser dans les bras de Morphée. Grim se redressa lentement. Il avait besoin de l’air de la nuit. Cherchant silencieusement la porte de derrière, toujours ouverte d’après la maîtresse de maison, il se glissa à l’extérieur et s’ébroua une fois sorti. Tournant la tête vers la maison, il laissa échapper un soupir de loup. Mélancolique. Ressasser le souvenir d’Alena avait pianoté sur sa blessure durant son sommeil, ravivant la raison pour laquelle il avait ressenti le besoin de se transformer. Il s’éloigna dans la forêt sans intention d’aller bien loin. Il avait seulement besoin d’être seul un instant. D’écouter la nuit, la rumeur de la forêt, se laisser envahir par la part blessée de son être tout en marchant au milieu des ombres. Désespérément seul. Il ne fuyait pas son chagrin ni sa douleur. En tant que loup, il ne pouvait s’y soustraire. Un animal ne pouvait, n’était pas en mesure de comprendre comment lutter contre ses émotions. Il les vivait, en ressortait différent, changé. Mais jamais il ne les fuyait. S’il était triste, il ne tentait pas de se convaincre du contraire. Ou de convaincre quiconque. Il vivait sa tristesse avec la même intensité que ses joies ou ses colères. Être à moitié humain compliquait la tâche. L’humain était plus … contradictoire. Il se mentait facilement à lui-même, cherchait à tromper les autres pour une raison obscure. A quoi bon prétendre d’aller bien si tout allait mal ? Grim était trop humain pour répondre à cette question. Et trop loup pour supporter son chagrin sans le vivre chaque jour.

Il était un solitaire à présent. Dans tous les sens du terme. Il ne s’attendait pas à ce qu’un autre loup réponde. Il n’avait pas vocation à rameuter. Posant son arrière train sur le sol de la forêt, Grim allongea sa gorge pour adresser sa peine aux étoiles. Oreilles couchées, il laissa son cœur de loup chanter à la Lune. A quel point il était seul.

A quel point Elle lui manquait.
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Lun 11 Sep - 20:55


Vyranui Wahlberg
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▹ DC/TC : Edwina S. Svanhildesen, l'alpha de la meute blonde et Ester L. Braaten, conseillère du Roi et Chef des Traqueurs de la meute argentée. Torvald Marklund, chasseur. ▹ PSEUDO : ODAYA OCHAVEN, fondatrice pour vous servir ! ▹ EMPREINTES : 419 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 21/09/2016 ▹ LOCALISATION : Quelque part dans les ombres de Bergen. ▹ HUMEUR : Mauvaise, sombre, antipathique. Pas réellement fréquentable. Encore moins pour les blonds et autres infériorités.

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✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE: Quelques sachets remplis d'herbe, un miroir, un livre de prières et une coupelle pour recueillir le sang de ses patients.



L’inconnu finit par se nourrir, s’assoupir et se détendre. La louve en profita pour rejoindre son époux, dont elle partagea la couche avec ferveur et sauvagerie. La présence d’un étranger dans leur demeure était tout nouveau, eux qui ne s’ouvraient pas à grand monde en dehors de leur meute. Mais, sans se l’expliquer, la jeune femme s’était sentie irrévocablement attiré par ce loup solitaire. Elle avait eu ce besoin de l’aider, de le faire venir chez elle et rencontré son fiancé, son marqué, celui qui avait reçu le don de Vision de Fenrir. Peut-être qu’elle faisait une erreur, mais son instinct ne l’avait jamais déçu jusqu’à présent. Alors elle s’y fiait, peut-être même un peu trop.

La nuit se passa et ce fut un hurlement lupin, déchirant de désespoir et de solitude qui la sortit de son sommeil. Nue, dans le creux des bras de son homme, elle laissa la douleur du solitaire lui enserrer le cœur. Elle ne partageait pas sa douleur. Comment aurait-elle pu ? Alors qu’il se trouvait à ses côtés et que son fils dormait sous son toit ? Elle sentait qu’il y avait une profonde injustice dans cette famille et savait que ce n’était en rien sa faute, mais, sans qu’elle n’arrive à se l’expliquer, une certaine culpabilité lui enserra le cœur. Suffisante pour la faire attraper la robe de soie qui était dans sa chambre, aux motifs mystiques et nordiques. La passant, pieds nus, ses cheveux ébènes cascadant sur ses épaules et son dos, elle sortit rejoindre le loup. Les bras serrés sur le corps, dans un silence respectueux, elle le laissa hurler à la lune, incapable de lui donner une réponse. Qu’aurait-elle pu lui dire ? Qu’avec le temps toutes les plaies cicatrisent ? Bien sûr, la guérisseuse qui était en elle constatait ce fait dans son quotidien. Mais qu’en était-il des peines de cœur ? Des blessures ? Des douleurs psychiques ? Métaphoriques ? Que pouvait-elle faire face à un cœur brisé ? Face à un amour perdu ? Elle retourna dans la maison, fit couler de l’eau chaude, dans laquelle elle fit tremper des plantes médicinales et apporta les deux tasses dehors. L’une pour le loup, l’autre pour elle. S’asseyant sur les marches de la porte arrière, elle prit entre ses mains la tasse bouillante, sans se soucier de la chaleur qui diffusait dans ses mains, ni de la froideur de la nuit. Ses yeux perdus dans la forêt, elle écoutait ces bruits si réconfortants, cette nature qui faisait peur aux humains, mais sans qui elle se sentait nue, perdue. « Je ne sais pas si vous arriverez un jour à vous en remettre. » Laissa-t-elle échapper au bout de quelques temps, le silence s’étant installé entre eux. Il était encore sous forme animale, mais elle savait que s’il se focalisait sur elle, il pourrait écouter ses paroles et les comprendre. Un risque stratégique, qui en période de combat ou de terrain étranger n’était pas pris – pour des raisons vitales, mais qui peut être, lui permettrait de muter cette fois-ci en sens inverse et de rencontrer, sous forme humaine, la louve qui l’avait aidé. « Je ne sais pas si votre peine va s’alléger, ou si seulement vous apprendrez à en supporter le poids. » Ce n’était là qu’une simple vérité. Elle n’en savait rien. Pouvait-elle lui dire qu’elle ne pensait pas que Fenrir le fasse souffrir en vain ? Ou risquait-il de voir sa Foi comme malvenue dans un tel instant ? Indécise, elle préféra ne rien dire, préférant se taire que blesser malencontreusement. « Peut-être qu’un jour vous saurez de nouveau apprécier votre quotidien. » Peut-être. « En attendant, notre porte vous sera toujours ouverte. » Sans qu’elle n’arrive à se l’expliquer, cet étranger était devenu quelqu’un qui importait. Sans qu’elle ne puisse mettre des mots sur ce sentiment, si étrange, si engourdissant, elle sentait une connexion entre eux, un lien fort que rien ne pourrait briser. Il aurait pu être le psychopathe du pays voisin que ça n’aurait jamais changé. Fervente croyante, elle pensait que cette rencontre n’était pas dû au hasard et que si Vyra avait été sur sa route cette nuit-là, ce n’était pas juste pour passer son chemin quelques instants plus tard. Que voulait donc lui dire Fenrir ?


But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer — .
And maybe, i'will save your heart.
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Mer 20 Sep - 21:46


Grim Solheim
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 308 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 42 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Sa complainte resta sans écho, aucun loup n’élança sa mélodie dans le ciel pour prétendre comprendre ce que le solitaire traversait. Le calme retomba donc sur la forêt et Grim resta un moment assis, silencieux. Les animaux ne pleuraient pas par tristesse ; il n’avait donc aucune larme dans ses yeux. Son regard était cependant empreint d’une profonde douleur, encore vive dans l’esprit de l’Allemand. Comment pourrait-il jamais vivre avec ce qu’il avait fait ? Y-avait-il eu un jour, l’espoir d’une autre route ? L’avait-il manquée ? Le cœur lourd de ces questions sans réponse, il abandonna la forêt pour revenir lentement jusqu’à la famille qui l’avait accueilli.

La Guérisseuse avait dû l’entendre car, au contraire de son mari et de son fils dont la respiration régulière se faisait discrètement remarquer à l’étage ; la femme était assise sur le perron de la maison. L’attendant. A son approche, Grim leva lentement son regard vers elle. Vêtue d’une somptueuse robe de chambre en soie fine aux motifs complexes, elle avait les cheveux d’un noir de nuit et la peau de la blancheur d’une porcelaine. D’une beauté froide et ténébreuse, ses yeux gris-bleu attiraient autant que sa silhouette. S’il n’avait déjà eu le cœur brisé, le loup aurait sûrement senti chavirer le sien rien qu’à la contemplation de la louve en face de lui. Il fit néanmoins taire la pensée, respectant humblement les merveilles que la Nature avait offertes à l’enveloppe humaine de cette louve. Le regardant à son tour, elle ne dut pas percevoir les mêmes élans que lui, et pour cause, elle disparut quelques instants à l’intérieur de la maison avant de revenir sur le perron. Ses mains pâles et bleutées sous le reflet de la lune tenaient deux tasses d’eau brûlante où s’immergeaient des plantes réduites en morceaux. Elle en posa une sur le perron à l’intention du loup avant de s’asseoir sur les marches et recouvrir la sienne de ses doigts frigorifiés.

Le silence s’établit d’abord entre les deux loups, laissant l’opportunité à la Guérisseuse de prendre la parole la première.

Je ne sais pas si vous arriverez un jour à vous en remettre. »

Plongeant un peu plus son regard dans celui de la femme, Grim se concentra sur les paroles qu’elle prononçait. L’audition d’un loup était légèrement différente de celle d’un humain, l’intensité et la modulation des sons notamment s’en trouvaient notamment accentuées, ce qui paradoxalement gênait souvent la compréhension exacte des paroles humaines. A son ton, son regard baissé, il devina néanmoins la compassion.

Je ne sais pas si votre peine va s’alléger, ou si seulement vous apprendrez à en supporter le poids. »

Le loup courba un instant les oreilles, pointant le museau vers le bas avant de replonger son attention dans le discours de la femme.

Peut-être qu’un jour vous saurez de nouveau apprécier votre quotidien. En attendant, notre porte vous sera toujours ouverte. »

Il s’était montré vulnérable. De toutes les façons possibles et imaginables. Il n’avait pas su masquer assez finement ses faiblesses aux yeux de cette femme. Pourtant elle …
Laissant échapper le même gémissement court et tendre qu’après son aide lors de sa transformation, Grim approcha à pas lents des marches du perron. Tendant le museau vers les mains de la femme, il laissa doucement une babine effleurer l’arête de ses doigts. Une fois certain de l’immobilité de la Guérisseuse, il frotta doucement sa joue contre le dos de sa main, déposant sa truffe au creux de son poignet pour en capter l’odeur humaine et la mêler à celle de la louve. Il n’osa s’approcher plus et se redressa avec cette même lenteur précautionneuse pour finalement se reculer. Il savait que malgré l’invitation, il ne pourrait rester éternellement. Une nuit avait suffi à lui montrer que la louve possédait ce qu’il n’aurait jamais. Qu’il n’était plus en mesure d’offrir à une louve ce que celle-ci avait. Il n’était pas venu pour trouver sa place ici. Sa place était sans doute à Bergen mais elle ne pouvait être auprès de la petite louve. Si tentante soit-elle par le réconfort qu’elle apportait.
Ils se reverraient pourtant, sous une forme ou une autre. Les forêts n’étaient jamais assez grandes pour ne pas retrouver la trace d’un loup quand il décidait de s’établir sur un territoire précis. Grim était peut-être volage, de par son statut de solitaire ; mais il savait où trouver la petite louve. Il reviendrait.

Laissant son breuvage encore brûlant, il fit volte-face et rejoignit au pas les ombres de la forêt et leur réconfort solitaire. Il ne doutait pas que la louve comprendrait. Leur histoire ne s’écrirait pas en un seul chapitre et un jour, il lui rendrait peut-être la dette énorme qu’il avait envers elle.

- Fini pour moi -
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