I'll keep gettin' up when I hit the ground, but now, maybe I need a little help ▬ Grim
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 I'll keep gettin' up when I hit the ground, but now, maybe I need a little help ▬ Grim

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Sam 1 Avr - 16:59


Remy A. DeLange
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ PSEUDO : JunkieMouse ▹ EMPREINTES : 185 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 04/02/2017 ▹ LOCALISATION : Fraichement débarquée à Bergen ▹ HUMEUR : Déterminée, joyeuse et mélancolique. Un mélange de ces trois là.

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✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Lieu et date du rp : Quartier Neutre – Résidences – Février 2018
Protagonistes: Grim Solheim & Remy A. DeLange
Résumé du rp: Remy a trouvé un appartement mais se rend compte qu'il s'agit d'une arnaque quand en rentrant « chez elle » après sa première semaine de travail, elle trouve la porte fermée à clé, aucune possibilité d'entrer, quelqu'un d'autre à l'intérieur … avec toutes ses affaires quand bien même elle n'a pas grand chose sur place.
Actions réalisées au cours de ce rp: Retrouvailles entre Grim & Remy. Remy se fait arnaquer et passer une soirée vraiment atroce, elle perd ses nerfs.

Un boulot, un appart. Ça fait environ deux semaines que je suis arrivée à Bergen et j'ai déjà réussi à me faire embaucher et trouver un endroit où dormir. L'Auberge de Jeunesse ça va cinq minutes, j'ai adoré y trainer, ça m'a permis de rencontrer des personnes très intéressantes. Des personnes de passage donc pas de quoi me faire un cercle d'amis mais de toute façon je n'ai jamais réellement été de ce genre là. Je suis une molécule flottante qui se balade … Bref ! On est vendredi soir, il est 18h30 et je quitte ce bel immeuble flambant neuf qui est depuis lundi matin mon lieu de travail. Le rythme est extrêmement soutenu, il y a énormément de choses à retenir mais ça se saurait si ce genre de trucs me faisaient peur. J'ai déjà sympathisé avec David et Asma de l'accueil, avec Marcello le vigile et puis avec quelques commerciaux qui ont l'air de vouloir conserver ce cliché qui caractérise bien souvent les personnes exerçant ce métier. Avec le boss ça passe bien, il n'y a qu'avec sa seconde que j'ai un peu plus de mal et manque de bol pour moi c'est ma supérieure directe mais je m'adapte, ça non plus ça n'est pas un problème. Énormément de nationalités sont représentées dans cette entreprise, ça me plait énormément.

Je suis de bonne humeur, mes pieds dansent presque sur le pavé alors que je quitte le tramway pour faire le reste du chemin sur mes deux jambes. Les rues sont pleines de monde, il y règne un mélange parfait de calme et d'agitation … C'est vraiment quelque chose que je n'ai vu nulle part ailleurs que dans les pays du Nord jusqu'ici. En tout cas ressenti de cette façon.
L'appartement que j'ai réussi à trouver et dans lequel je me suis installée seulement hier soir se trouve dans un quartier tout à fait tranquille de ce que j'ai pu en voir pour le moment. L'hôpital n'est pas loin, le commissariat central non plus … Je n'envisage absolument pas de revoir les murs aseptisé du premier – ils se ressemblent tous – ni de fréquenter la presque nouveauté du second mais on ne sait jamais, ça a presque quelque chose de rassurant. Si je dis presque c'est parce qu'après l'accident il a bien fallu aller y faire un tour mais je n'ai pas tellement envie de penser à tout ça. Je ne suis pas dans le déni, je m'efforce simplement de ne pas m'attarder trop souvent sur ces choses qui me font encore perdre mon sourire très facilement. Comme le fait que ma famille me manque, par exemple. J'ai vécu des mois et des mois loin d'eux, en France, en Espagne, mais ça n'était pas pareil. Je vis ce nouveau quotidien comme un exil quand bien même je suis celle qui a choisi de partir. Je les ai appelé quelques fois depuis mon départ, pour les tenir au courant de mes pérégrinations, mais c'est chaque fois difficile. Enfin ! Je ne travaille pas demain et compte profiter de cette journée pour découvrir le quartier et trouver un petit quelque chose bien typique a envoyer à Marcus, ce sale petit monstre.

Mais avant toute chose : MANGER ! Je meurs de faim, mon ventre me supplie de lui donner quelque chose depuis environ deux heures et comme j'ai trainé un peu en route, il est à présent 19h quand je passe devant le resto indien qui se trouve à deux bloc de chez moi. Impossible de ne pas succomber à ces odeurs épicées et plus qu'alléchante alors je ne réfléchis pas plus de trois secondes et neuf centièmes et de pousser la porte. A emporter s'il vous plait … Et j'ai clairement eu les yeux plus gros que le ventre mais peu importe, j'ai envie de goûter à tout ! Alors je vais le faire. Je vais rentrer, m'écrouler sur mon canapé et dévorer ce qui se trouve dans ce sachet …

Oui, c'est ce qui était prévu au programme mais la blague a commencé quand je n'ai pas réussi à entrer ma clé dans la serrure de l'appartement. Pas de panique, j'ai du me tromper de clé. Nouvelle tentative avec une autre, rien. Encore une avec la troisième et là, le stress se pointe tranquillement. Je retente avec la première – qui est la bonne, je le sais, mais parfois on s'entête. On ne sait jamais, sur un malentendu – mais toujours rien, impossible de l'enfoncer dans la serrure. J'ai commencé à m'énerver, à essayer de forcer sachant pertinemment que ça n'est pas la bonne solution et c'est à ce moment là que j'ai entendu du bruit à l'intérieur. Un instant, je me suis dit que je m'étais simplement trompée … d'étage, de palier ou même d'appartement alors je vérifie mais … Non. Je fini par coller mon oreille contre la porte et j'entends plus clairement le bruit d'une radio ou d'une télé puis des bruits de pas. Mon cœur s'emballe, la peur s'installe … puis la colère mêlée à l'incompréhension quand bien même j'ai malheureusement ma petite idée sur ce qui est en train de se passer. Je me décide à y aller au culot en tentant d'ouvrir simplement la porte comme si elle n'était pas fermée à clé, bien entendu ça aurait été trop beau pour être vrai. Et si je frappe, qu'est ce qui se passe ? Il se passe qu'une personne a fini par venir entrebâiller la porte, un homme entre 35 et 40 ans environs je pense, qui a utilisé son courage pour n'ouvrir qu'en laissant la chaine de protection bien entendu. Il a m'a gentiment regardé droit dans les yeux en me disant qu'il devait y avoir une erreur, que cet appartement était le sien, qu'il avait emménagé aujourd'hui et que les affaires qui y trainaient – aka mes affaires – ont fini à la poubelle … Avant de me refermer la porte au nez. J'ai insisté, ça a duré de longues minutes et ce pervers a fini par me dire qu'on pourrait peut-être s'arranger … J'ai foutu le camp, appelé le proprio complètement hystéro et ce salopard n'a bien évidement pas répondu. J'ai appelé la police, ils m'ont dit qu'ils ne pouvaient rien faire … Tout ce putain de bordel – pardonnez moi mon langage, ça n'est pas dans mes habitudes mais là, comment dire … – aura duré trois bonnes heures, trois heures où j'ai fini par aller fouiller dans les poubelles de l'immeuble, résignée, pour récupérer mes affaires mais évidemment elles étaient vides. Quand on a la poisse … Je ne craque pas facilement, je suis du genre à bien camoufler mes émotions quand ça ne va pas parce que j'estime que le monde et les autres n'ont pas à subir mes états d'âmes mais c'est pourtant les yeux bordés de larme que je déambule comme une âme en peine, ne sachant pas vraiment quoi faire de moi. Je pourrais aller à l'hôtel, tous mes moyens de paiement sont avec moi fort heureusement mais c'est comme si tout ça m'avait complètement assommé. Tellement assommé que je vois pas la personne qui arrive en face de moi alors que je le longe une rue sans trop savoir où je suis. Il fait nuit, il fait froid, j'ai envie d'appeler les parents mais m'y refuse catégoriquement. Qu'est ce que ça changerait de toute façon ? Je suis une grande fille, je vais m'en sortir seule, je … viens de m'éclater le coccyx sur le pavé. Le choc a été frontal et brutal mais le mieux dans tout ça …

« Tu peux pas regarder où tu vas espèce d'idiote ?! »

… c'est que j'ai la chance de tomber, encore une fois ce soir, sur une personne très charmante. La douleur résonne partout dans mon corps et ces mots sont les mots de trop je crois. Je me relève tant bien que mal, furieuse, complètement à bout et à fleur de peau, incapable de maitriser mes émotions cette fois. Et je repousse violemment cet inconnu. Cette inconnue. Mauvaise, hargneuse, teigneuse ... Elle n'apprécie pas du tout – et ça peut se comprendre – mais tout ça se termine en combat de rue et je n'ai rien vu venir. Elle m'en a collé une, je la lui ai rendu et si personne ne vient nous séparer ...
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Lun 17 Avr - 19:35


Grim Solheim
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 236 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 40 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

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▬ Comme vous pouvez le voir, la salle de bains a été entièrement refaite et il en sera de même pour le salon une fois les devis acceptés par le propriétaire. Je vous montre la chambre ? Vous allez voir elle est absolument superbe ! Une vue incroyable ! Vous venez ? »

Perdu dans ses pensées, le loup acquiesça distraitement, emboîtant sans conviction le pas de la dame de l’agence immobilière. Elle était jeune, bruyante, souriante et solaire comme on l’attendait d’une jeune femme fraîchement diplômée. Stressée aussi, il sentait l’odeur de son appréhension autant que celle de sa transpiration. La plaie d’avoir le museau aussi sensible.
L’appartement qu’elle lui faisait visiter n’était guère déplaisant. Malgré le parquet en bois sombre  grinçant, le séjour était de taille respectable et donnait vue, par des fenêtres immenses allant du sol au plafond, sur la pointe des quais puis la mer nordique. Un panorama encore plus beau que celui qu’il avait de sa chambre d’hôtel. Un escalier sans rampe grimpait le long du mur sud pour amener sur une mezzanine, laissant au rez-de-chaussée la place pour une salle de bains, une cuisine et ce qui devait servir de bureau ou de chambre d’enfant aux actuels locataires. Difficile à dire étant donné l’installation consécutive d’un lit parapluie et d’un ordinateur fixe. Ainsi que d’une énorme bibliothèque pleine à craquer.
Malgré son silence et l’absence complète de ses commentaires, Grim observait, imaginait, tentait de visualiser sa vie dans un espace à la fois restreint et ouvert sur la ville. Il était seul, il n’avait donc pas besoin d’autant d’espace qu’à Berlin. Le coin paraissait vivant sans souffrir pour autant des guerres territoriales des meutes ; c’était un point sur lequel il avait dû se faire conseiller par Viljar, l’un des Argentés présents lors de son arrivée à Bergen. Être solitaire, désolidarisé de toute forme de hiérarchie lupine hormis celle du Roi était déjà assez mal vu par la plupart de ses semblables pour qu’il aille se nicher dans un coin où les loups de meute grouillaient de partout. S’il n’avait aucun problème avec son choix de vie, il n’était guère certain d’apprécier devoir le justifier et se le voir rappeler régulièrement par de jeunes loups prompts à juger. Tel le quarantenaire, une patte dans la sagesse, Grim tenait à sa tranquillité.

Posté à la fenêtre, observant l’horizon qui déclinait, le loup réfléchissait, déconnecté du babillage incessant de l’agente immobilière. L’appartement était bien situé, pointe nord de la ville, vue imprenable, taille correcte, charme certain. Question chauffage avec toutes ces fenêtres c’était moyen mais la température n’était plus vraiment un problème pour lui depuis longtemps, sauf à dire qu’il fasse trop chaud mais il était en Norvège, pas en Sicile. Le problème de territoire était réglé, il était en terrain neutre. Le prix ? Il n’avait même pas demandé. Son train de vie avait tellement ralenti de toute façon qu’avec ses économies et ses honoraires d’avocat qui tomberaient encore grâce aux dernières affaires à régler, il aurait au moins de quoi payer plusieurs loyers d’avance. La question de l’emploi alimentaire ne se poserait pas tout de suite. Il n’avait concrètement aucune raison de refuser la location de cet appartement. Je vais y réfléchir, fut pourtant sa réponse.

* * *

Sorti de la visite, le loup marcha au hasard des rues, se laissant guider par les odeurs, les sons du quartier. Viljar n’avait guère menti à propos du côté touristique, on entendait toutes sortes de langues se parler et le norvégien n’était pas toujours en majorité. Hormis certains bâtiments comme celui que Grim avait visité, le reste des immeubles paraissaient plutôt récents. Tournant dans une rue pleine d’odeurs alléchantes, le loup tomba littéralement sur une marée de restaurants. Ils se succédaient les uns après les autres sur une centaine de mètres, certains plus avenants que d’autres. Traversant la rue et son florilège de senteurs cosmopolites, il ressortit de l’autre côté les placodes olfactives saturées et dut marcher cinq bonnes minutes avant de récupérer un odorat correct.

C’est à ce moment-ci qu’il remarqua qu’un parfum familier flottait dans l’air.
Enfin familier était un grand mot mais Grim était doté d’une mémoire olfactive qui lui permettait souvent de reconnaître les gens avant même de les voir s’il avait déjà eu à faire auparavant à leur odeur. Et ce parfum-ci lui rappelait non sans interrogation un long voyage en voiture au côté d’une gamine qui n’arrêtait pas de parler. Gamine qu’il avait déposée en Suède.
Intrigué mais pensant plutôt avoir à faire à une similitude tellement fine que son museau était incapable de faire la différence, Grim suivit la trace de ce parfum. Persuadé de se tromper, il ne se pressa pas et perdit la trace deux fois avant de la retrouver - guère étonnant lorsqu’il restait sous forme humaine. Il atteignit une rue plus passante où le parfum se mélangea à d’autres odeurs mais cette fois il n’eut qu’à se laisser attirer par le bruit, les cris et l’attroupement qui s’était formé autour du trottoir. Se frayant un passage dans le cercle pour se trouver au plus près du centre, le loup s’arrêta brusquement quand l’odeur de sang lui chatouilla les narines. Imperceptiblement ses pupilles se mirent à luire. Il secoua la tête et regarda ce qui se trouvait au centre de toute cette attention.

Deux femmes.
En train de se battre.

Il n’eut pas à renifler plus longuement l’air pour savoir que la plus petite des deux, et la plus farouche, n’était autre que la gamine qu’il avait véhiculée de Berlin jusqu’en Suède. Que fichait-elle à Bergen en plein milieu d’une bagarre ; il poserait la question plus tard, pour le moment il fallait la sortir de là avant que l’autre femme ne lui cause de sérieuses blessures. Ou était-ce le contraire ? Attrapant le poing qu’elle levait pour frapper, Grim s’en servit comme d’un appui pour se glisser entre les deux combattantes, offrant son dos aux coups de l’autre tandis qu’il réservait son visage à la gamine en face de lui. Il ne lui laissa que le temps de le reconnaître avant de se tourner dans l’autre sens pour faire face à celle qui s’apprêtait à le frapper, gardant une main en arrière pour empêcher la gamine d’avancer. Surprise de trouver un adversaire plus grand qu’elle, la femme s’arrêta net dans son geste et permit ainsi au loup de s’exprimer calmement.

▬ Je crois qu’il vaudrait mieux vous séparer mesdames. »
▬ Cette enragée m’a foncée dessus et ensuite elle s’est jetée sur moi ! » s’exclama la femme.

Jetant par-dessus son épaule un regard qui en disait long sur sa consternation à la gamine derrière lui, Grim revint malgré tout vers la femme en face de lui. Ses cheveux étaient en bataille, ses vêtements en désordre, sa lèvre fendue et son œil droit à moitié fermé virerait au violet d’ici quelques minutes. Il haussa un sourcil. La gosse ne l’avait pas loupée …

▬ Je suis sûr qu’elle est désolée. » répliqua-t-il d’un ton égal.

La femme parut sceptique. L’assemblée aussi.
Grim ne se démonta pas pour autant.

▬ S’il vous plait, vous savez que ça ne résoudra rien. »

Grommelant mais obéissant enfin à son bon sens, la femme réajusta ses vêtements, lança un dernier regard noir à Remy puis un autre plus froid à Grim et s’en fut. Le cercle se dispersa pratiquement aussitôt et ne resta alors que le loup et la gamine derrière lui. Se tournant vers elle, il garda le silence un instant, la détaillant. Il ne l’avait pas vue depuis plusieurs jours et non content d’être surpris et curieux de sa présence ici à Bergen, l’instinct au fond de lui était avide de savoir comment elle allait. N’imaginant pas une seule seconde qu’elle puisse être là pour autre chose que pour elle-même. Ils se connaissaient peu de toute façon, comment pouvait-il constituer un point d’attraction pour elle dans cette ville ? L’idée était inconcevable dans son esprit. Pour autant, l’instinct – toujours – semblait plutôt content de la voir en vie. Truc de loup.

Inclinant légèrement la tête après ces minutes de silence, Grim parla le premier :

▬ Dure journée ? »

Il avisa le sac en papier duquel émanait des odeurs de nourriture indienne, la bataille avait eu raison de son contenu qui se répandait silencieusement sur le trottoir et la route. Son regard alla des vestiges de ce repas au visage de la gosse. Pas besoin de savoir lire une aura pour comprendre. D’un mouvement du menton il l’enjoignit :

▬ Allez viens, on va aller manger ailleurs. »
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Lun 24 Avr - 20:49


Remy A. DeLange
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▹ PSEUDO : JunkieMouse ▹ EMPREINTES : 185 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 04/02/2017 ▹ LOCALISATION : Fraichement débarquée à Bergen ▹ HUMEUR : Déterminée, joyeuse et mélancolique. Un mélange de ces trois là.

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Je lâche prise, c'est comme si … tant de choses et plus remontaient à la surface et que je me servais de la situation pour évacuer un trop pleins d'émotions. Est ce que ça n'est du qu'à ce qu'il se passe avec cette histoire d'arnaque, d'appartement ? Je ne saurai le dire, tout ce que je peux affirmer c'est simplement être coincée dans une sorte de frénésie dont je ne suis pas certaine de pouvoir me sortir seule si ce n'est par l'épuisement. Ou bien si cette femme dont je ne vois même pas clairement le visage me met K.O. C'est une option que je ne mets pas nécessairement de côté mais je sens couler dans mes veines suffisamment de rage et d'adrénaline pour que ça n'arrive peut-être pas. Je ne pense pas, de toute façon, c'est totalement au dessus de toutes mes considérations en l'état. Je ne suis que colère, violence et ras le bol. Je ne suis qu'émotions.
Je ne suis que rage … puis surprise, lorsque le poing que je réservai à mon adversaire se retrouve bloqué par une paume étrangère qui n'est pas la sienne. D'abord déstabilisée physiquement, il me faut un peu de temps pour comprendre, pour réaliser, pour le reconnaître. Là, il est là, devant moi, d'un calme à tout épreuve alors que je ne tiens plus qu'à peine sur mes jambes et quelque part au fond de moi, dans le lointain, se manifeste une étincelle de soulagement lorsque je croise ce regard familier. Tout ça n'a pas tellement de sens mais je ne suis pas en état d'y songer. Tout ça aura été fugace, il se tourne déjà vers l'autre femme, imperturbable.

« Je crois qu’il vaudrait mieux vous séparer mesdames. »
« Cette enragée m’a foncée dessus et ensuite elle s’est jetée sur moi ! »

Je m'agite, m'apprête à réagir, les flammes de la violence soudain rallumée mais ce simple regard de la part de Grim me suffit à baisser les yeux instinctivement, me sentant comme une gamine prise en flagrant délit d'une grosse bêtise alors que mon cœur menace d'exploser dans ma poitrine. Ma première pensée : Je l'ai déçu. La seconde ? Ça ne devrait pas m'affecter autant, après tout je ne connais pas cet homme et ce qu'il peut bien penser de moi n'a pas la moindre importance. Et puis le retour à la réalité, l'espace d'une seconde, quand je croise je ne sais trop comment le regard de l'autre : Un sourire sournois passe sur mes lèvres quand je vois l'étendu des dégâts que je lui ai infligé. D'une ça ne me ressemble pas, de deux … je crois que je ne vais sans doute pas tarder à me rendre compte que je ne suis pas vraiment dans un meilleur état qu'elle mais la satisfaction perdure encore quelques secondes. Juste le temps de réaliser, de redevenir … Remy. Et la honte lancine tranquillement, surfant sur l'adrénaline. Mi-bête sauvage, mi-enfant. C'est la première fois que je perds le contrôle comme ça. Les autres, les spectateurs, ils n'existent pour l'instant absolument pas pour moi.

« Je suis sûr qu’elle est désolée. »

C'est presque vexée que je relève la tête, un peu trop vivement visiblement puisque cette dernière me tourne et je n'y vois plus clair l'espace d'une seconde. En réalité, oui, je suis désolée, mais les émotions circulent encore trop rapidement en moi pour que j'arrive à retomber sur terre et à en isoler une seule parmi tant d'autre. J'imagine que la culpabilité viendra plus tard, probablement avec la douleur … Mais pour le moment j'ai plutôt envie de la traiter de connasse en lui affirmant que non, je ne suis absolument pas désolée.

« S’il vous plait, vous savez que ça ne résoudra rien. »

Je perds un peu le fil, je l'entends juste grommeler quelque chose, son regard noir glisse sur moi puis elle s'en va, emportant avec elle le peu de force qu'il semblait me rester. S'en suit alors une impression assez étrange, celle de retrouver un peu d'air alors que je réalise finalement qu'un cercle de personnes s'était constitué autour de nous et qu'il éclate. Puis son regard, à nouveau, lourd mais … apaisant, rassurant. Je le fuis au départ, encore cette sensation d'être une gosse prise en flag, mais relève le menton au bout de quelques secondes pour m'apercevoir qu'il m'observe. Ça n'est ni intrusif ni accusateur, je le qualifierai de neutre je crois.

Et ça commence à piquer.

« Dure journée ? »

Mes yeux plantés dans les siens, je me retrouve incapable de prononcer le moindre mot. Une boule prend forme dans ma gorge, mes yeux commencent à piquer eux aussi et je sais très bien ce qu'il s'annonce. Un merveilleux craquage dans les règles de l'art alors que je reste là, debout, inerte, les bras ballant le long du corps.

« Allez viens, on va aller manger ailleurs. »

La première larme arrive, elle est le début d'une longue série si je la laisse faire alors je lève la tête et le regard vers le ciel comme si ça pouvait lui permettre de faire le chemin inverse. J'attrape finalement mon sac, observe le désastre sur le sol qu'est à présent mon diner et une lassitude doublée d'une fatigue lourde vient prendre place sur mes épaules. Je lui emboite le pas sans discuter, je n'ai qu'une envie et ça n'est pas de fuir pour aller me cacher dans un coin : De toute façon où est-ce que je pourrais bien aller ? Ça n'est pas comme si j'avais un endroit où me réfugier. Je n'ai même plus d'affaire et j'imagine que ce type a gardé mon ordinateur portable, évidemment, mais c'est clairement le cadet de mes soucis pour le moment.

Soupir. Je n'aspire qu'à me laisser porter alors oui, je le suis sans rechigner. Épuisée, endoloris mais résignée. Je n'ai plus envie de me battre, j'abdique, au moins pour ce soir. Au moins pour maintenant. Le début de notre marche vers je ne sais quelle destination se fait dans le silence, pas une seule fois je me dis que je suis en train de suivre un homme quasiment inconnu dans une ville que je commence tout juste à connaître, à des centaines et des centaines de kilomètres de chez moi. Avec lui je ne me suis jamais sentie en danger, c'est peut-être une erreur mais c'est comme ça.

« Je commençais à penser que c'était totalement stupide de me dire que je tomberai sur toi par hasard dans cette ville. Je savais pas que t'avais l'option super-héros qui vole au secours d'une pauvresse en détresse. »



« Je parle d'elle là, pas de moi. »

#mauvaise fois

Oui, c'est bien encore un peu de hargne que je me surprends à capter dans mon discours, accompagné d'une grimace de dédain qui me fait mal soit dit en passant mais je me souviens alors du regard qu'il m'a lancé quand il s'est tourné vers moi tout à l'heure alors inconsciemment je rentre la tête dans mes épaules et regarde ailleurs.

« Et toi, ta journée ? »

Comme si on s'était quitté la veille et qu'on était de vieux amis ?
Manifestement.
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Lun 1 Mai - 18:18


Grim Solheim
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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 236 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 40 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

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La gamine obtempéra en silence, ramassant ses affaires pour le suivre. Du coin de l’œil, Grim l’observa. Tête baissée, sans doute perdue dans ses pensées, elle ne faisait pas peine à voir mais n’inspirait pas non plus la joie de vivre et l’insouciance qui l’avaient tant caractérisée durant leurs trois jours communs de voyage. Rechignant à lire son aura sans qu’elle s’en aperçoive, le loup remit la question à plus tard. Pour le moment, ils allaient céder à l’un des tout premiers instincts primaires des espèces vivantes : manger.
Grim ne connaissait guère de restaurants pour le moment – hormis celui de son hôtel – mais le sac explosé à terre de nourriture indienne de Remy lui avait donné une indication sur la meilleure façon de remonter le moral de la gamine. Après tout n’était-il pas passé par une ruelle remplie d’odeurs de plats aussi variés que la carte de l’Europe ? Ils allaient bien retrouver un indien dans le lot. Sans plus de discours, le loup prit le chemin par lequel il était arrivé en sens inverse tandis que Remy décida de rompre le silence entre eux :

▬ Je commençais à penser que c'était totalement stupide de me dire que je tomberai sur toi par hasard dans cette ville. Je savais pas que t'avais l'option super-héros qui vole au secours d'une pauvresse en détresse. »

Un regard de défi puis :

▬ Je parle d'elle là, pas de moi. » précisa-t-elle.

Grim laissa couler son regard vers elle, l’ombre d’un sourire mince aux lèvres. Insolente… Laissant ses yeux redresser son attention sur le trottoir devant eux, il inspira légèrement avant de répondre de son ton égal et posé :

▬ J’ai plus d’options que tu ne le crois. Cela étant, inutile de frapper les inconnus pour attirer mon attention. Un coup de fil aurait suffi. »

Le loup ne se rappelait plus lui avoir donné son numéro mais elle avait tant parlé, posé tant de questions que l’acte même aurait pu lui échapper. La laissant gamberger le fait de s’en être prise à autrui, il capta quant à lui la première phrase qu’elle avait dite sans en comprendre réellement le sens. Devait-il arriver à la conclusion qu’elle le cherchait ? Avait-elle oublié des affaires dans sa voiture, si importantes qu’elles lui fassent faire le détour par la Norvège pour les récupérer ? Encore une fois, un coup de fil aurait suffi. Plongé dans ses réflexions pour le moins perplexes, Grim entendit malgré tout la question qu’elle lui posait.

▬ Et toi, ta journée ? »

D’un geste de la main, il lui indiqua qu’ils allaient tourner dans la rue sur leur gauche et le regard rivé sur les différentes enseignes de restaurant, nez à l’affut de la première odeur épicée, il entreprit de répondre :

▬ D’une affligeante banalité. Je suis en quête d’un appartement que je peine à trouver. »

Les arrêtant devant une enseigne indienne d’où émanaient d’alléchantes odeurs de cheese nan et de ce fameux poulet tikka massala, parmi une innombrable flopée d’autres odeurs que le nez sensible mais surchargé du loup peinait à identifier une par une, Grim baissa les yeux vers la gamine. Il n’eut qu’à lire la faim dans ses yeux pour glisser une main discrète dans son dos et l’inviter à entrer. Une fois à l’intérieur, ils se laissèrent prendre en charge par une jeune serveuse tout ce qu’il y a de plus indienne. Elle les mena au fond du restaurant, au calme, entourés par des murs garnis de tentures et non loin d’un aquarium aux poissons colorés. Grim prit place en face de Remy et lui tendit la carte pour qu’elle choisisse en premier. Observant les alentours, guettant la moindre odeur de loup, il l’enjoignit de son ton naturellement flegmatique :

▬ Choisis ce qui te fait plaisir. Ce soir, tu es invitée. »

N’ayant détecté aucune autre odeur que celle des humains et le passage récent mais datant de la journée de deux loups de meute, Grim se détendit imperceptiblement ; son regard cessa d’arpenter le restaurant et revint se poser sur la jeune fille. Son museau, lui, resta à l’affût. Être autorisé par le Roi à circuler ne signifiait pas s’attirer l’amitié automatique des loups de meute, bien au contraire. Un solitaire restait pour certains une forme d’indécence ou de parjure. Un loup n’était pas fait pour errer seul pour son propre but. Œuvrer pour la meute était bien plus louable. Plus respectable. Ce n’était guère le moment d’attirer l’attention sur lui alors qu’il arrivait à peine. Certes Remy était au courant de sa nature et ne ferait probablement pas d’esclandre mais loin de lui l’idée de vouloir effrayer cette gamine. Son envie était même tout le contraire.

Ayant choisi ce qu’elle voulait, la carte revint à Grim qui l’ouvrit calmement et, tout en laissant son regard se balader au gré des noms exotiques de plats et d’entrées proposés par la carte, s’adressa à Remy sans lever le nez de sa lecture :

▬ Je ne t’avais pas laissée en Suède ? »

Il la regarda enfin, sans se départir de son calme. Son regard, comme souvent, insondable, ne trahissait guère ses pensées et n’eut été le discret sourire sur ses lèvres minces, on l’aurait cru ennuyé de la situation. Mais tel n’était pas le cas, le loup était simplement curieux, étonné même de voir la gamine parcourir une si grande distance, seule, pour apparemment venir le retrouver. Il n’était pas mécontent mais doutait néanmoins de la conduite à tenir vis-à-vis d’elle. Poli, il la laissa éclairer sa lanterne.
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Mar 9 Mai - 20:55


Remy A. DeLange
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▹ PSEUDO : JunkieMouse ▹ EMPREINTES : 185 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 04/02/2017 ▹ LOCALISATION : Fraichement débarquée à Bergen ▹ HUMEUR : Déterminée, joyeuse et mélancolique. Un mélange de ces trois là.

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Un coup de fil ? C'est vrai, ça aurait pu être aussi simple que ça mais à croire que tout se joue au hasard ou au destin en ce qui nous concerne puisque je n'ai pas son numéro tout comme il n'a pas le mien. Pourquoi est ce que ça serait le cas ? Il n'a été qu'un étranger avec lequel j'ai partagé quelques centaines de kilomètres pendant quelques jours et réciproquement. Pourtant c'est à lui que j'ai pensé quand je me suis rendu compte que Goteborg ne m'apportait rien. Ça aurait pu être ma famille, j'aurai pu faire marche arrière, rentrer à la maison mais non, ça n'est pas ce que j'ai fait et consciemment ou pas c'est vers lui que je me suis dirigée. Je n'ai pas d'explication rationnelle à ça, je n'en cherche pas à vrai dire et ça ne m'intrigue pas vraiment. J'aurai très bien pu ne jamais retomber sur lui, il se trouve que ça ne se passe pas comme ça et je ne mentirai pas en disant que ça ne me soulage pas de voir un visage familier ce soir. Familier mais pas trop. Je sais, c'est étrange, mais c'est comme ça.
Tout comme cette conversation, à vrai dire, alors que je suis toujours le mouvement. Je suis du genre à prendre ma vie en main, mais se reposer sur les autres on en a tous besoin à un moment ou un autre et c'est précisément ce que je suis entrain de faire en cet instant, transie par le froid et grimaçant un peu sous la douleur qui se réveille de plus en plus maintenant que l'adrénaline a disparu. Lasse et fatiguée mais rassurée d'une certaine manière.

« D’une affligeante banalité. Je suis en quête d’un appartement que je peine à trouver. »

Je tourne la tête vers lui, vivement, comme piquée au vif et passée la surprise c'est un rire bref et cynique qui m'échappe alors que je regarde à nouveau devant moi. La partie la plus amère de mon être a envie de balancer un truc du genre … Laisse tomber, ça ne sert à rien, tu te feras déloger d'ici deux jours … Mais je crois que je n'ai pas la force d'exprimer ce ressenti fugace. Avouez que la coïncidence est cocasse.
Et sans même que je ne réalise le chemin que nous venons de parcourir, je me rends compte qu'on est arrêtés. Pas n'importe où, non, mais devant un restaurant … Indien. Je sens son regard sur moi mais je n'arrive pas à détourner mes yeux de la devanture. Ça n'est pas tellement la nourriture qui m'appelle – même si je meurs de faim – mais plutôt … Le geste ? Est-ce un geste de sa part ou bien le hasard ? Comment est ce qu'il a … Est ce qu'il a deviné ? J'ai du mal à réfléchir, à mettre mes pensées sur un axe cohérent, secouée par tout ce qu'il s'est passé ces dernières heures. Certaines évidences m'échappent complètement, peut-être que ça me sautera aux yeux demain matin mais pour l'heure, mes épaules s'affaissent et je me laisse gentiment poussée vers l'intérieur sans dire mot. Quand on me connait, on sait que c'est rare, limite anormal. Je parle, souvent, tout le temps, toujours. Ce soir je n'ai pas la force de parler pour ne rien dire. Je me laisse guider, silencieuse et observatrice, un peu curieuse, probablement ravie parce ce décor même si j'ai du mal à l'exprimer. Mon ventre qui grogne se charge de faire le nécessaire, de toute façon. Il est tout autant heureux d'être là, c'est une certitude. Et me voilà assise face à lui, toujours aussi droit et flegmatique, qui me tend une carte que j'attrape plus par automatisme qu'autre chose.

« Choisis ce qui te fait plaisir. Ce soir, tu es invitée. »

De la surprise ? Non, j'ai dépassé ce stade je crois, plus vraiment capable de quoi que soit en réalité. Mais reconnaissante, ça c'est certain.

« Merci. »

C'est tout ce que j'arrive à articuler, d'une voix presque timide, rien à voir avec la furie qu'il a côtoyé dans l'habitacle de sa voiture il y a quelques temps. Rien ne transparait de lui si ce n'est un calme olympien. Ça m'aurait rendu folle en temps normal, ce soir j'apprécie et n'ambitionne pas une seconde de troubler quoi que ce soit. Bloquant quelques secondes sur son visage, je baisse finalement les yeux sur la carte et regarde les lignes défiler sans réellement les voir au début. Concentration. Encore une fois c'est mon ventre qui me rappelle à l'ordre lorsque mon regard capte certains mots auxquels mon cerveau associe immédiatement des images alléchantes. Au bout d'une minute à peine j'ai fait mon choix, referme la carte et la pose sur la table. Grim, lui, semble parti dans une étude approfondie de ce qui s'y trouve, sur cette fameuse carte. Un sourire s'esquisse sur le coin de mes lèvres alors que je l'observe, amusée par cette vision.

« Je ne t’avais pas laissée en Suède ? »

Sans prévenir. Les mots puis le regard. J'ouvre la bouche, un peu surprise, la referme puis l'ouvre à nouveau.

« Si. »

Une seconde je tourne le regard sur le côté pour couper le contact, juste le temps de me ressaisir, retrouver un peu de consistance. C'est chose faite, je retrouve le sien, toujours aussi insondable. Aucun moyen de savoir ce qu'il se passe dans la tête de cet homme, chose qui peut être perturbante parfois. Impossible de savoir s'il est en colère, amusé, ennuyé ou quoi que ce soit d'autre. Je décide de laisser aller mon instinct, de ne pas réfléchir ou tenter d'analyser la situation. J'ai cependant ce besoin de détendre un peu mon atmosphère.

« Les Suédois sont ennuyeux à mourir. »

J'essaie de garder un air sérieux mais la commissure de mes lèvres n'a pas l'air d'accord. Quoi qu'il en soit je retrouve un peu de loquacité ...

« Du coup je me suis dit qu'en Norvège ça serait peut-être plus funky et comme une vieille connaissance m'a récemment parlé de Bergen ... »

… et d'impertinence, visiblement. Cette fois je ne retiens pas mon sourire mais retrouve mon sérieux au bout de quelques secondes, bougeant légèrement sur ma chaise comme si j'essayais de trouver une position dans laquelle je serai plus à l'aise. Cette pauvre chaise n'a rien à se reprocher.

« Je ne saurai pas t'expliquer pourquoi j'ai fait ça. C'était … comme si mon instinct me disait de le faire. J'ai pas trouvé ce que je cherchai à Goteborg et avant même de m'en rendre compte j'étais dans un train pour ici. »

Si j'ai pu baisser les yeux l'espace d'un instant, je le regarde à présent sans détour, sans pour autant chercher à prouver quoi que ce soit, à masquer quoi que ce soit non plus.

« Tu dois me trouver bizarre. »
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Sam 20 Mai - 11:23


Grim Solheim
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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 236 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 40 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

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La réponse s’échappa, après un instant d’hésitation.

▬ Si. »

Difficile de décrire le sentiment que portait la gamine dans son regard lorsqu’elle esquiva le sien. Le loup ne pouvait se fier qu’à son odorat et aux élans furtifs que dégageait son aura. Elle était surprise. Mal à l’aise. Il inclina lentement la tête sur le côté, un geste plus proche du loup que celui de l’humain, attendant qu’elle se rassemble pour poursuivre. Trois jours non-stop en sa présence lui avaient appris certaines choses sur la façon dont Remy s’exprimait. Elle n’était pas une taciturne, ne gardait que peu les choses pour elle, elle s’exprimait, s’ouvrait au monde. Mais ils ne se connaissaient pas non plus depuis des lustres.
Comme il aurait attendu qu’un louveteau craintif approche pour oser jouer entre ses pattes, Grim lui laissa le temps de décider comment s’approcher. Il savait qu’elle le ferait. Cette gamine entêtée n’avait pas eu peur une seule seconde en sa présence. Pas même en l’apprenant Loup. Elle n’allait pas commencer à avoir peur maintenant.
Tentant une note d’humour et d’assurance sur une des décisions les plus importantes ou les plus irréfléchies de sa jeune vie, elle en revint finalement au sérieux. Son regard papillonnant ne cachait rien de son trouble ce qui intriguait passablement le loup. Crispée sur sa chaise et son corps envoyant brusquement tout un tas de signaux d’appréhension et d’embarras, la gamine passa aux aveux sous l’écoute attentive de l’homme en face d’elle.

▬  Je ne saurai pas t'expliquer pourquoi j'ai fait ça. C'était … comme si mon instinct me disait de le faire. J'ai pas trouvé ce que je cherchais à Göteborg et avant même de m'en rendre compte j'étais dans un train pour ici. (Une nouvelle hésitation de sa part puis elle ajouta : ) Tu dois me trouver bizarre. »

Incertain de ce qu’il allait dire ensuite, il ne douta pour autant pas un instant de la phrase qui sortit comme un réflexe d’entre ses lèvres pour réconforter la gamine.

▬ Bizarre n’est pas le mot que je choisirai te concernant. »

Son regard calme et serein se plongea dans l’océan troublé qu’était celui de Remy.
Qui aurait-il été pour moquer son instinct ? Railler ce 6ème sens qui guidait parfois d’une main invisible les décisions d’une humanité toute entière. Ils n’avaient probablement pas le même genre d’instinct mais cela ne lui permettait pas pour autant de dénigrer ce qui avait pu la guider jusqu’ici. Jusqu’à lui. Il ignorait comment, il ignorait pourquoi. Elle avait voulu le rejoindre. La perspective manquait encore de profondeur et pouvait prendre des contours aussi inquiétants que rassurants mais certaines choses étaient à présent plus claires.
Impénétrable, le loup garda d’abord le silence. Sous le calme de la surface, les propos et ce qu’ils impliquaient avaient malgré tout remué quelque chose en lui.

Peut-être était-ce parce qu’il s’était enfui ? Peut-être était-ce parce qu’il avait abandonné la meute ? son Alpha ? Ou peut-être était-ce par ce qu’il avait fait avant tout cela … La raison avait-elle en soi autant d’importance que le simple fait d’éprouver à nouveau, un vague instant, ce sentiment d’être attendu ? Après avoir pris la fuite loin de Marcus et des autres, il n’espérait qu’une chose, une simple et unique chose : que plus personne, plus jamais, ne lui demande de faire quoique ce soit ou d’être qui que ce soit  d’autre que lui. On l’avait acclamé pour son crime, on avait encensé son nom, on l’avait aimé plus encore pour le sacrifice qu’il avait fourni, pour le bien de la meute. Pour son équilibre. Grim avait perdu le sien à partir de ce moment-là. Il avait été là où la meute l’avait attendu. Là où Alena l’avait attendu. Il s’était perdu en chemin. Totalement et irrémédiablement perdu.
Et si le fait d’avoir accompli son devoir, d’avoir était là où tout le monde l’avaient attendu, l’avait définitivement détourné du besoin protecteur et vital pour un loup d’avoir une meute ; il ne pouvait nier l’écho que trouvait en lui l’instinct de Remy.
Il n’aurait probablement pas été la chercher en Suède mais.. il se sentait soudainement et étrangement satisfait de la voir, là, face à lui, donnant leur commande avec une vague hésitation à la serveuse avant de replonger son regard dans le sien. Ce qui était contradictoire, paradoxal une fois mis en perspective avec les promesses qu’il s’était fait suite au décès d’Alena. Mais l’introspection de Grim s’arrêtait ici ; il était trop loup pour se poser très longtemps les questions métaphysiques de sa part humaine. La petite avait suivi son instinct, le sien ne lui dictait pas de s’éloigner alors autant rester. Sans doute le caractère humain et le fait qu’elle voyage seule aiguisaient son instinct naturel et puissant de vouloir la protéger des dangers qu’elle pourrait rencontrer et l’aidaient à rester auprès d’elle. Mais le loup n’était dupe d’aucun masque émanant de lui, la vérité concernant la gamine lui était déjà accessible ; quand elle échappait et ne se dévoilerait que plus tard à l’esprit invariablement humain que Grim gardait malgré tout sous cette forme. Qu’à cela ne tienne, l’humain comme le loup se satisfaisaient déjà de la situation sans en connaître tous les tenants.

Le silence s’était éternisé plusieurs minutes durant la réflexion interne de Grim, sans que la jeune fille n’intervienne ou ne fasse mine de meubler le vide. Probablement était-elle habituée elle aussi aux manies de son ancien compagnon de route qui utilisait le silence comme toute autre forme de langage ? Il sentit néanmoins que c’était à lui d’intervenir. Elle avait tenté de le rejoindre, y était parvenu par un heureux coup du hasard mais quoi ? Qu’en advenait-il d’eux ensuite ? Manquant d’informations, le loup préféra creuser quelque peu avant de se lancer à proposer des choses. Après tout, ils ne se connaissaient que depuis peu. Les choses pouvaient être … mal interprétées.
Se raclant doucement la gorge, il jeta à nouveau un regard circulaire au restaurant. Ses sens étaient toujours aux aguets bien qu’il reste concentré majoritairement sur leur conversation. Ils étaient normalement en terrain neutre, où le solitaire pouvait circuler sans se faire remarquer mais étant donné les tensions qu’il avait perçu dès son arrivée sur le motif de sa venue, ses intentions, ses affiliations ; il préférait rester prudent. Surtout avec la gamine dans les parages.
Une fois certain qu’il était le seul loup du coin, il parvint à reconcentrer son regard sur leur table. Le masque lisse de son visage laissa exprimer un mince sourire d’excuse puis il demanda :

▬ Quelle est ta situation ici ? Est-ce que tu as trouvé un travail, un toit ? »

Elle était arrivée après lui mais contrairement à lui, la branche dans laquelle elle lui avait dit travailler recrutait plus facilement et la Norvège était sans aucun doute un pays prospère question import/export. Elle devait certes avoir un peu moins de moyens que lui mais il ne doutait pas de sa capacité à s’adapter. S’il n’avait ni toit, ni emploi, ce ne devait clairement pas être le cas de la gamine.
Question débrouillardise, elle était meilleure que lui.
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Sam 27 Mai - 18:19


Remy A. DeLange
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« Bizarre n’est pas le mot que je choisirai te concernant. »

Je suis un peu surprise, impossible de le cacher mais je ne cherche de toute façon pas à le faire. Ça n'est pas dans mes habitudes, ma façon d'être. Je ne triche pas, certaines personnes disent de moi que je suis … authentique. Soit. Là où je veux en venir c'est que je ne m'attendais pas à ce qu'il réponde comme ça du tac au tac tout simplement parce que j'ai l'habitude de le voir silencieux, réfléchit … Spontané n'est pas tellement le terme que j'emploierai pour le qualifier, pour être plus claire. Et puis naturellement, je me demande quel mot il emploierai lui pour me qualifier moi, quel mot il choisirait me concernant comme il le dit. Chiante, probablement … Quoi que, je doute entendre un tel mot sortir de sa bouche un jour, il est bien trop poli pour ça. Bavarde, ça c'est certain. Un peu pot de colle aussi, sûrement. La vérité c'est qu'il est bien trop insondable pour réellement savoir ce qu'il pense alors tout ça ne sont que de vagues suppositions mais ... Certaines choses se sentent, se ressentent ... Je pourrais presque croire qu'il a de l'affection pour moi, quelque chose qui s'en rapproche en tout cas, sans que je n'explique pourquoi.
D'un œil extérieur cette situation est étrange. Si mes parents me voyaient attablée avec un homme mûre inconnu, s'ils savaient que j'ai passé 3 jours en sa compagnie, dans sa voiture, ils seraient fous de rage et d'inquiétude. Je me surprends l'espace d'une seconde à me demander ce que peuvent bien penser de nous les personnes dans ce restaurant, maintenant que mes esprits reviennent petit à petit. Pourtant, rien à faire, je ne perçois pas cet homme comme une menace et aucune des émotions que je ressens à son égard ne sont ambiguës. Je ne cherche ni un amant plus âgé, ni un père de substitution. Je ne sais pas vraiment ce que j'attends de lui ni même si j'attends quoi que ce soit mais certainement pas ça et rien n'est plus clair dans ma tête.

Le silence s'installe, pour une fois il ne me dérange pas. Je dirai même qu'il me fait du bien, il me repose. Je ne cherche plus à comprendre ou analyser quoi que ce soit, pas même l'attitude et les intentions de mon vis à vis. Le regard tantôt dans le vague, tantôt balayant la salle sans s'attarder réellement sur qui que ce soit ou quoi que ce soit, je me laisse porter par le calme qui émane de cette situation. Je ne compte pas les minutes qui s'écoulent, presque en veille, mais dès lors qu'il se racle la gorge et que je devine cela comme étant un signe annonciateur d'autre chose, il retrouve toute mon attention. Et son sourire, aussi mince soit-il, ne m'échappe pas. Il a quelque chose de rassurant, c'est tout ce que j'en déduis. Je n'ai pas la force ni l'envie d'autre chose.

« Quelle est ta situation ici ? Est-ce que tu as trouvé un travail, un toit ? »
« Hum ... »

Pas même la force de laisser échapper un nouveau rire sarcastique ou cynique visiblement. C'est même … comme un tison qu'on m'enfoncerait dans le ventre pour me rappeler la situation. Je ne panique pourtant pas, j'accepte les faits tels qu'ils sont, avec lassitude je crois à présent. J'ai complètement explosé tout à l'heure, après m'être agité dans tous les sens pour essayer d'arranger les choses. A croire que je n'ai plus d'énergie à présent, ce qui – quand on me connait – est relativement rare. L'un dans l'autre je me console en me disant qu'il n'y a pas mort d'homme, qu'il y a des choses plus graves et que personne n'a attenté à ma vie. Je suis juste seule dans une ville que je ne connais pas, où il fait un froid glaciale, où je ne connais personne, et je suis à la rue. Une promenade de santé ! Sauf que l'homme assis en face de moi me pousse à croire, et sans rien faire, que je ne suis plus seule. Je ne devrai sans doute pas m'accrocher à ça, après tout il a sa vie, mais pour le moment je me contente de vivre l'instant présent en me disant que pour le moment je vais avoir de la nourriture dans le ventre et que je suis au chaud. J'ai aussi tous mes papiers sur moi, ce qui est déjà énorme. Après … on verra.

« J'ai visité un peu la ville, jouée la touriste les premiers jours et puis j'ai un travail depuis une semaine dans une boite d'import/export située sur le port. Ça se passe bien, je m'entends bien avec mes collègues, le big boss est cool, y a juste sa seconde qu'est un peu … Enfin avec qui ça passe moyen mais ça le fait. Pour l'instant ça me plait. »

Difficile de réellement trancher en une semaine mais malgré l'intensité de la cadence, je suis dans mon élément. Pour le reste, consciemment ou pas, je n'ai jamais vraiment mélanger travail et vie privée donc je ne suis pas là-bas pour me faire des amis mais si le feeling passe, je n'irai pas contre pour autant. Là encore … on verra. C'est pas tellement le sujet pour l'instant de toute façon.

« Et j'avais trouvé un appart, j'ai emménagé hier mais ce soir en rentrant je me suis retrouvée à la porte, serrure verrouillée, probablement changée, avec quelqu'un d'autre à l'intérieur. »

Bienvenue à Bergen !

« D'où mon « léger » pétage de plomb tout à l'heure. »

C'était ridicule, j'en ai parfaitement conscience d'autant que ça ne me ressemble vraiment pas mais même si je suis partie à l'aventure en confiance, elle vient clairement d'être ébranlée et mes nerfs ont lâché. Qu'est ce que j'aurai fait si Grim n'avait pas débarqué de nulle part ? J'ai pas envie de penser à ce qui se passera une fois qu'on aura fini de manger, pas maintenant. J'y penserai le moment venu, je trouverai bien un hôtel dans le coin. Je me débrouillerai et surtout, surtout, je n'appellerai pas les parents. Ça ne changerait rien de toute façon.

« Donc ma situation c'est que je suis à la rue et que j'ai perdu la moitié de mes affaires. »

Une partie doit encore être dans l'appartement, l'autre dans les poubelles. Joie et bonheur. Je me sens … tellement blasée, amère, et ça non plus ça ne me ressemble pas.

« Et toi ? »

Blasée, oui, et je m'en rends compte maintenant que j'ai fini de me noyer dans mon verre d'eau et qu'il ne me reste plus aucune diversion : Un peu honteuse. C'est franchement pas très glorieux, je me suis faite avoir comme une bleue et je n'en suis pas fière.
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Sam 24 Juin - 16:26


Grim Solheim
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Laissant échapper une exclamation ambiguë dont le sens clair échappa à la compréhension du loup, la jeune fille entreprit de raconter ce qui lui était arrivé depuis son arrivée à Bergen. On leur servit leur plat respectif ce qui permit à Grim de se restaurer tandis que Remy lui contait ses aventures.

▬ J'ai visité un peu la ville, joué la touriste les premiers jours et puis j'ai un travail depuis une semaine dans une boite d'import/export située sur le port. Ça se passe bien, je m'entends bien avec mes collègues, le big boss est cool, y a juste sa seconde qu'est un peu … Enfin avec qui ça passe moyen mais ça le fait. Pour l'instant ça me plait. »

Hochant la tête comme pour approuver la stabilité de sa situation, l’homme ne put s’empêcher d’admirer la débrouillardise de la jeune fille. Elle avait quitté son foyer, sa famille pour se lancer à l’aventure dans le monde et preuve était qu’elle s’en sortait plutôt bien. Certes, elle grimpait dans la voiture du premier loup qu’elle croisait sans même en ressentir une once d’effroi mais bon. Elle savait apparemment garder la tête froide quand il s’agissait de subvenir à ses besoins vitaux. Il connaissait peu de gens de son âge capable d’une telle maturité.
Découpant lentement son morceau de mouton, il la laissa poursuivre, relevant parfois le regard pour l’inciter d’un mouvement de fourchette en direction de son assiette à ne pas oublier de manger. Même pendant leur semblant de road trip pour atteindre la Suède et l’y déposer, il avait dû agir de même. Une fois lancée à parler, plus rien ne l’arrêtait, pas même son estomac vide. Mais Grim veillait, à son habitude.

▬ Et j'avais trouvé un appart, j'ai emménagé hier mais ce soir en rentrant je me suis retrouvée à la porte, serrure verrouillée, probablement changée, avec quelqu'un d'autre à l'intérieur. D'où mon « léger » pétage de plomb tout à l'heure. »

Cette fois la fourchette de Grim resta en suspens. Son regard se riva droit dans celui de la gamine, les sourcils imperceptiblement froncés. Sondant son Aura bien qu’il soit certain qu’elle ne mentait pas, il pinça les lèvres et reposa calmement sa fourchette sur le bord de son assiette. Elle disait vrai.

▬ Donc ma situation c'est que je suis à la rue et que j'ai perdu la moitié de mes affaires. »

Il étouffa un grondement, le regard toujours fixé sur le visage de Remy qui avait détourné le sien, amère et désabusée. Inspirant profondément pour détendre l’instinct qui s’était réveillé instantanément en lui, il laissa glisser sur lui la question qu’elle lui retournait, trop agacé par la situation qu’elle lui racontait. Du loup ou de l’ancien avocat, il ignorait lequel des deux se sentait le plus révolté. Il était cependant trop occupé à réfléchir à une solution pour la sortir de ce mauvais pas. Tout comme il n’avait pas pu la laisser sur le bord de cette autoroute, à la merci du premier venu, il ne pouvait simplement hocher la tête et lui souhaiter bon courage avec son problème. Il se sentait responsable de cette gamine, ce d’autant qu’elle l’avait rejoint, qu’il était la raison de sa venue en Norvège. Le loup l’emportait sûrement sur la raison mais Grim n’était pas homme à contrarier son instinct. Il lui obéissait et vivait en paix avec lui. Remy avait besoin d’aide, même si elle ne formulait aucune demande à cet instant, et il allait l’aider. D’une façon ou d’une autre.
Reprenant la découpe de son morceau de mouton, il déclara de son ton égal :

▬ Je vis à l’hôtel, en face du port. Il n’y a qu’un lit mais on s’en arrangera pour le moment. »

Lui lançant un rapide regard, il ajouta :

▬ Ce n’est pas négociable Remy. »

Il avait conscience de l’ambiguïté qui pouvait ressurgir de cette situation ; elle était jeune, jolie, en détresse et une proie facile … mais il n’était pas ce genre de prédateur. Et il savait qu’elle savait. Tant de choses auraient pu se produire durant leurs trois jours de route, et elle était venue le retrouver sans l’ombre d’une appréhension. Étrangement, une confiance s’installait entre eux et Grim savait pertinemment qu’il n’avait pas de désir enfoui concernant la gamine. Il ne s’analysait pas constamment mais il savait à quel instinct il répondait en lui proposant de dormir à l’hôtel avec lui. Et puis de toute manière, il avait déjà prévu de dormir sur le canapé de cette fameuse chambre. Remy n’avait rien à craindre avec lui.
Amenant son verre à ses lèvres, il but une gorgée avant de poursuivre dans la résolution des problèmes :

▬ Quand tu auras fini de manger, on ira récupérer tes affaires. On prendra un taxi s’il le faut pour tout ramener mais on va reprendre tout ce qu’on peut. »

Son regard se posa à nouveau sur la jeune fille. Il ne demandait pas, il ne proposait pas, c’était sans doute déroutant mais il ne voulait pas la voir se rétracter, refuser une aide qui lui serait bénéfique. Elle avait eu assez d’ennuis comme cela pour la soirée et il était momentanément en mesure de l’aider. Aucun refus ne s’imposait.

Sentant que l’atmosphère devenait quelque peu étrange, il tenta malgré lui une note d’humour pour voir sourire à nouveau la gamine.

▬ Promis, je ne le mordrai pas. Je montrerai juste les crocs. »

Et il la regarda, petit sourire aux lèvres.
#Humourdeloup
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Ven 30 Juin - 8:39


Remy A. DeLange
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Quelque chose a changé, dans son regard, sa stature, l’aura qu’il dégage. Je ne dirai pas que ça m’échappe mais l’état de lassitude et de fatigue dans lequel je me trouve m’empêche de capter tous ces signaux. Ou presque. Je mange, les yeux rivés sur mon assiette, jouant plus à pousser la nourriture du bout de celle-ci qu’autre chose, comme si j’avais devant le regard la chose la plus passionnante du monde. Son regard a lui reste braqué sur moi, je peux le sentir à cette légère électricité qui se balade sur la surface de mon échine. Si je compte relever le menton ? Je n’attends rien de sa part, j’expose juste des faits … Même si autant l’admettre, cela serait mentir d’affirmer que je n’espère pas une main tendue. Ça n’est pas parce que je suis une jeune femme débrouillarde que je n’en reste pas moins à peine adulte et comme tout enfant, parfois, j’ai besoin qu’on s’occupe de moi, qu’on me prenne en charge. Malgré la fierté dont on peut parfois faire preuve.

Alors j’imagine que quelque part, si, j’attends quelque chose de lui.
Quoi ? C’est une autre histoire.

« Je vis à l’hôtel, en face du port. Il n’y a qu’un lit mais on s’en arrangera pour le moment. »

Je relève la tête cette fois, surprise, presque intriguée, m’apprête à … Je ne sais pas, sans doute pas protester mais pour le moins réagir mais il ne m’en laisse pas l’occasion.

« Ce n’est pas négociable Remy. »

Le ton qu’il emploi n’est pas brutal mais sans appel, je le saisi instantanément. La forme, les mots qu’il a utilisé, ne m’effleure pas vraiment l’esprit. Toute cette histoire incluant un seul lit, ça me passe au-dessus de la tête. Le fond lui me percute de plein fouet en revanche et si ma réaction a été spontané, voir impulsive, je ne peux pas renier ce sentiment profond de soulagement que j’éprouve en cet instant alors qu’il me fait clairement comprendre qu’il ne va pas me laisser là, seule, livrée à moi-même, à mes emmerdes dans lesquelles je me suis fourrée toute seule comme une grande.
Si je prenais le temps d’y penser, de penser de cette manière en tout cas, je pourrais presque entendre ma mère hurler dans ma tête à l’idée que je puisse suivre un quasi-inconnu de sexe masculin et qui pourrait être mon père dans une chambre d’hôtel … où il n’y a qu’un lit. Mais non, je ne pense pas comme ça, pas quand il s’agit de Grim. On ne se connait pas, très peu, c’est un fait, mais je ressens à son égard une confiance venue de je ne sais où, que je ne remets pas en question une seule seconde. Pourquoi ? Je n’en sais rien, c’est instinctif. On a passé trois jours ensemble dans l’habitacle d’une voiture, à sillonner l’Allemagne, le Danemark puis la Suède. Sur tous ces kilomètres il aurait largement eu le temps de me kidnapper, abuser de moi, me découper en morceau et même me manger si le cœur lui en avait dit … Mais rien, rien de plus que du respect, de la patience et de la déférence envers une gamine qu’il n’avait jamais vu de sa vie et qui peut s’avérer relativement épuisante quand elle se sent à l’aise. Les faits sont là, je me sens à l’aise avec lui. Un lien s’est créé de manière naturelle, je ne l’explique pas et ne cherche pas à l’expliquer. Pas plus que je n’explique pourquoi j’ai débarqué ici, à Bergen, au lieu de rentrer chez moi ou trouver une autre destination. Je ne me sens pas attirée vers lui comme un aimant, mais quelque chose chez cet homme m’a indéniablement … Je ne sais pas, je ne trouve pas de mots pour exprimer tout ça.

« Quand tu auras fini de manger, on ira récupérer tes affaires. On prendra un taxi s’il le faut pour tout ramener mais on va reprendre tout ce qu’on peut. »

Tu veux dire qu’on va retourner là-bas ? Cette idée ne me plait pas plus que ça même si une part de moi en a très envie. La vérité c’est que pour ce soir, j’ai juste envie de me rouler en boule dans un coin et dormir, oublier tout ce qui s’est passé l’espace de quelques heures.

« Promis, je ne le mordrai pas. Je montrerai juste les crocs. »

Et … on réactive le cerveau s’il vous plait.

Je crois que c’est là et uniquement là que ça me saute au visage, ce fait on ne peut plus « important » que j’ai mis de côté sans y prêter la moindre attention jusqu’ici : Grim est un … Loup-Garou. Un Loup-Garou qui sourit parce qu’il vient de faire une blague … de Loup-Garou. Les Loup-Garou existent, ça n’est pas un mythe. On a beau le savoir, de manière sous-jacente, c’est autre chose de se prendre cette réalité en pleine conscience. Pourtant, pour moi, ça ne change rien. Je n’ai sans doute pas toutes les cartes en main mais quand j’observe cet homme face à moi je ne vois … qu’un homme, justement. Et je l’observe, effectivement, quelques longues secondes sans rien dire. J’essaie de trouver quelque chose, un indice, une lueur dans le fond de son regard, une différence dans les traits de son visage ou sa posture, son attitude, mais rien. Ça m’échappe. Exactement comme le soupir que j’expulse lentement en reposant ma fourchette contre mon assiette.

« Tu sais, ça va peut-être te paraitre étrange ou … inconscient de ma part mais j’oublie. J’oublie que tu n’es pas simplement ce que tu sembles être. »

Que là, sous cette enveloppe humaine, à l’intérieur peut-être, se cache un loup. J’ai devant moi un Homme-Loup, un être à moitié humain et à moitié loup. C’est trop abstrait pour que je l’intègre réellement, je crois, mais pas une seconde je ne mets sa parole en doute. Là encore, instinctivement.

« Est-ce qu’il y a des trucs auxquels je dois faire attention ? Parce que, c’est vrai, je t’ai un peu noyé sous les questions quand on roulait mais au final j’y connais rien. C’est comme si mon cerveau refusait l’évidence, comme s’il n’y croyait pas en fait. »

Faire attention maintenant puis faire attention plus tard, parce que non, je ne compte pas m’éloigner de lui ce soir. Sa présence me rassure, elle me fait du bien.
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Dim 9 Juil - 15:21


Grim Solheim
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ PSEUDO : Talim ▹ EMPREINTES : 236 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 29/01/2017 ▹ AGE DU PERSO : 40 ▹ LOCALISATION : Fraîchement débarqué à Bergen ▹ HUMEUR : Calme et froid.

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La tentative d’humour du loup tomba à l’eau. Croyant déceler un sourire sur le visage de Remy, il la vit au contraire se crisper de façon indicible, installant un léger malaise entre eux. Perdant toute envie de plaisanter à nouveau et n’ayant aucunement l’envie de s’agacer devant son échec à la faire rire, il mit la finesse de son odorat au service du reste de ses sens. L’avait-il effrayée en faisant cette blague ? Allait-elle quitter la table en hurlant et prenant ses jambes à son cou ? Il ne sentit aucune trace de peur chez Remy. Une tension étrange, mais aucunement liée à de la peur. A moitié rassuré de ne pas avoir terrorisé la gamine d’une simple phrase, Grim se fit pour autant la promesse de se montrer plus délicat avec elle. Plus encore qu’il ne pouvait déjà l’être. Sa curiosité naturelle, ses questions pressantes et surtout son absence déconcertante de peur l’amenaient probablement à croire qu’il n’était pas un monstre pour elle. Juste un loup ou une sorte d’humain amélioré si l’on prenait la vision homo sapiens-centrée. Mais il fallait raison garder, derrière ses airs bravaches, Remy restait une gosse d’une vingtaine d’années qui n’avait pas vécu la moitié de son existence et rencontrait apparemment son premier loup-garou en la personne de Grim. Il devait y aller plus doucement avec elle. Tout ce qui lui semblait naturel et allant de soi n’était que pure découverte pour elle. Comme bon nombre d’humains sur cette planète, elle avait grandi en ignorant qu’une autre espèce que les sapiens cohabitaient secrètement autour et parmi eux. Un fait à peu près aussi renversant que lorsqu’il avait appris de ses parents la façon dont la filiation de sa famille et de toutes les familles lycannes allemandes s’opérait. Mais cela était un autre sujet.

Se reconcentrant sur la gamine et le soupir qu’elle laissa finalement échapper, le loup inclina légèrement la tête pour l’écouter. Elle sembla réfléchir un bref instant avant de parler :

▬ Tu sais, ça va peut-être te paraitre étrange ou … inconscient de ma part mais j’oublie. J’oublie que tu n’es pas simplement ce que tu sembles être. »

Laissant filer un court instant de réflexion où Grim resta silencieux, continuant de l’observer par-dessus leurs assiettes, la gamine poursuivit :

▬ Est-ce qu’il y a des trucs auxquels je dois faire attention ? Parce que, c’est vrai, je t’ai un peu noyé sous les questions quand on roulait mais au final j’y connais rien. C’est comme si mon cerveau refusait l’évidence, comme s’il n’y croyait pas en fait. »

Un fin froncement de sourcils accentua brièvement le regard de Grim qui s’empressa de répondre :

▬ Tout d’abord ce n’est pas à toi de faire attention. Si l’un de nous est dangereux pour l’autre, c’est bien moi et ce n’est pas à toi à prendre des précautions. Nul ne sait depuis combien de temps nos deux espèces cohabitent et laquelle est arrivée la première. De tous temps les loups ont appris à s’adapter au mode de vie des humains. Pas l’inverse. »

L’explication était assez simple, la révélation de l’existence des Loups n’avait eu lieu que récemment mais l’homme cherchait simplement à lui faire comprendre que leur espèce était adaptable et savait se fondre dans la masse. Un loup pouvait passer pour un humain aux yeux des autres. Un humain en revanche ne passerait jamais pour un loup aux yeux des loups. Ce n’était pas le sens premier de la question de Remy, il le savait mais il préférait élargir sa réponse afin qu’elle comprenne au passage pourquoi il lui était si difficile de le considérer comme un loup quand un homme se tenait face à elle. Il se doutait que la question était plutôt de savoir comment se comporter avec un loup, y avait-il une notion de territoire, de choses à ne pas faire ou dire face à lui.. etc. Mais comme il le lui expliquait, les loups avaient appris à s’adapter, à se contenir face aux humains pour ne pas révéler leur vraie nature. Ce précepte était à ce point ancré en eux et en lui qu’il doutait se voir un jour devenir totalement sauvage et incapable de vivre en société humaine. N’en déplaisent à certains, les loups au fil des siècles avaient appris à cohabiter avec leur part humaine, à lui laisser parfois un ascendant,  une part que chaque loup avait en lui de façon irrévocable et si certains tendaient plus vers l’une ou l’autre nature, les deux restaient indissociables.
Ce mode de pensée lui venait probablement des préceptes des meutes allemandes qui avaient toujours privilégié la mixité et la combinaison des atouts des deux sangs, loup et humain pour créer une race plus forte ; c’était néanmoins ainsi qu’il se voyait et considérait les choses. A la fois totalement loup et totalement humain. Ni la moitié d’un, ni la moitié de l’autre. Les deux, à part entière et égale.

Grim avait appris néanmoins depuis qu’il était à Bergen que les Norvégiens avaient une conception sensiblement différente de la pureté du sang des loups et leur vision des Humains était elle-même radicalement opposée à la sienne. Ce pourquoi il préféra mettre la gamine en garde d’une chose.

▬ La seule chose à laquelle tu dois être vigilante c’est de ne pas me mentionner comme ce que je suis réellement. Quitte à ne pas parler de moi du tout. A Bergen comme partout dans le monde, il n’y a guère de consensus concernant notre existence étant donné que l’humanité vient à peine de découvrir que nous existions. Je ne sais pas quelles forces s’exercent exactement dans cette ville et ce pays, ni comment et étant un loup isolé... je suis une cible plus facile pour certains. »

Il avait hésité à sortir sa dernière phrase, sachant la portée qu’elle avait et que dans l’esprit de Remy, qui peinait déjà à se souvenir qu’il n’était pas qu’un homme, l’idée qu’on puisse en plus le pourchasser et peut-être le tuer si l’occasion se présentait relevait probablement de la science-fiction pour le moment. Qu’elle le prenne pour un paranoïaque ne changerait pas son point de vue à lui, il savait que des Chasseurs couraient les rues berlinoises quand il était encore Bêta là-bas, il savait que cela ne datait pas de la révélation et il ne doutait certainement pas que Bergen et la Norvège aient leur lot elles-aussi de Chasseurs de loups.

Restant un court instant silencieux, ne la quittant pas des yeux pour guetter ses réactions, Grim ajouta finalement avec une pointe de douceur :

▬ Je ne veux pas t’effrayer Remy. Mais il y a certaines choses qu’il faut que tu saches si on décide de continuer à se voir. »

Le loup baissa un instant les yeux, sachant parfaitement que le sens de sa phrase était maladroit mais il ne trouvait pas d’autre tournure. Elle était venue pour lui, il n’y avait rien d’ambigu, il le savait et elle aussi. Figeant un instant son expression, il ajouta finalement lentement :

▬ Si tout cela est trop pour toi… Bien sûr, tu peux partir quand tu veux. Je t’offre juste mon aide parce que je vois que tu en as besoin. Il n’y a pas de contrat entre nous. Tu es libre de faire ce que tu souhaites. Même maintenant que tu m’as rejoint. »
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Jeu 13 Juil - 19:32


Remy A. DeLange
puisses-tu courir sous la Lune

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▹ PSEUDO : JunkieMouse ▹ EMPREINTES : 185 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 04/02/2017 ▹ LOCALISATION : Fraichement débarquée à Bergen ▹ HUMEUR : Déterminée, joyeuse et mélancolique. Un mélange de ces trois là.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Est-ce que j’ai fait ou dit quelque chose de mal ? Je crois que même si on a finalement passé peu de temps ensemble, je suis tellement naturelle et spontanée qu’il s’est rapidement habitué à mes traits de caractère. Je ne suis pas mystérieuse, je n’essaie pas de cacher mes émotions, je ne triche pas ou très peu parce que c’est vrai, certains sujets sont encore un peu sensibles pour moi mais dans l’ensemble je ne vois pas à quoi ça sert.
Là où je veux en venir c’est qu’il ne pouvait sans doute pas s’attendre à autre chose de ma part que toute cette franchise mais bien évidemment il n’est pas obligé de l’accepter. C’est juste ce léger froncement de sourcil qui m’intrigue et me fait douter l’espace d’une seconde. Après tout, c’est peut-être un sujet sensible pour lui ou pour tous les loups d'ailleurs. Peut-être que c’est un manque de respect de ma part de faire totale abstraction de cette autre facette de lui. Peut-être que sa part Animale est … vexée ou quelque chose comme ça ? Sa part Animale … Non, vraiment, j'ai beau essayer de l'intégrer ça ne veut pas. Je n'arrive pas à me dire qu'il vit en lui une autre entité et qu'elle coure sur quatre pattes la truffe à l'air en hurlant à la lune. Désolée pour les clichées …

Mais peu importe que je l'imprime ou pas, peu importe que ça me semble surréaliste ou pas, le fait est que je n'ai jamais douté de lui, de ça, et que donc, je me pose des questions sur les choses à faire ou ne pas faire. Pour  lui mais aussi pour moi. Je n'ai pas tellement envie de finir dans son estomac ou simplement la nuque brisée par un coup de crocs parce que j'aurai parlé trop fort ou que je l'aurai regardé trop longtemps droit dans les yeux. Enfin, respire Remy, laisse le mettre ces choses-là au clair avant de t'en faire tout un tableau d'impressionniste.

« Tout d’abord ce n’est pas à toi de faire attention. Si l’un de nous est dangereux pour l’autre, c’est bien moi et ce n’est pas à toi à prendre des précautions. Nul ne sait depuis combien de temps nos deux espèces cohabitent et laquelle est arrivée la première. De tous temps les loups ont appris à s’adapter au mode de vie des humains. Pas l’inverse. »

Ma première réaction ? L'envie de lui demander pourquoi, presque vexée, l'esprit de parité légèrement taquiné. Pourquoi est ce que ça serait à eux de s'adapter et pas à nous au juste ? Encore un clivage à la con et … Pardon, je me tais. J'écoute. J'apprends. Est-ce que je relève le « dangereux » ? Il passe en second plan, je ne peux pas le nier.

Aucun instinct de survie cette gamine …

Les termes qu'il emploie et le ton avec lequel il le fait sont en tout cas tout à fait accessibles, simples, et quelque part dans un recoin de mon esprit, ils prennent leurs racines.

« La seule chose à laquelle tu dois être vigilante c’est de ne pas me mentionner comme ce que je suis réellement. Quitte à ne pas parler de moi du tout. A Bergen comme partout dans le monde, il n’y a guère de consensus concernant notre existence étant donné que l’humanité vient à peine de découvrir que nous existions. Je ne sais pas quelles forces s’exercent exactement dans cette ville et ce pays, ni comment et étant un loup isolé... je suis une cible plus facile pour certains. »

Je bois ses paroles puis manque de me noyer, parce qu'enfin je percute. Je percute ce qu'il est et je percute qu'il n'est pas le seul, que peut-être dans cette pièce se trouvent d'autres personnes comme lui et que ces personnes peuvent être un danger. Un danger pour lui. Malgré moi, je pourrais également être un danger pour lui dans le sens où le simple fait de parler de lui peut lui créer des ennuis si je comprends bien. Est-ce qu'il existe des rivalités, une hiérarchie peut-être, surement même, ou bien alors est-ce l'anarchie la plus totale ? J'ai vu des films avec des Loup-Garous, je ne sais pas s'ils s'approchent de la réalité tels qu'ils y sont représentés mais il est bien rare de les voir dans le rôle d'une personne … Non-dangereuse. Ils sont représentés tels des bêtes sauvages et sanguinaires qui n'ont pour but que de se nourrir de chair humaine et tout détruire sur le passage, complètement primitif. Je regarde Grim et il ne m'inspire rien de tout ça mais certains sont peut-être le reflet exact de cette image fictive. Il doit sentir que s'engage en moi quelque chose de nouveau, sans doute une prise de conscience bien que je n'ai pas toutes les cartes en main. Je ne suis pas certaine de les vouloir, ces cartes.

« Je ne veux pas t’effrayer Remy. Mais il y a certaines choses qu’il faut que tu saches si on décide de continuer à se voir. »

Il baisse les yeux un instant, j'en fais autant mais bien plus longtemps. J'encaisse, mon cœur bat bien plus vite que tout à l'heure et soudain j'oublie cet histoire d'appartement, d'arnaque, d'affaires volatilisées. Une part de moi à même très envie de disparaître, de rentrer à la maison et de se cacher dans les jupes de Maman, loin de tous ces comtes qui n'en sont pas. L'autre part, elle, reste bien campée sur ses positions. Je ne sais pas vraiment pourquoi je me sens liées à cet homme mais même si c'était sur un coup de tête c'est lui que je suis venue rejoindre. J'aurai pu rentrer, ou bien simplement rester à Gotteborg, mais non, j'ai choisi de rejoindre cette ville au bluff et je m'y suis installée. Maintenant qu'il est là, je n'ai pas envie de quitter l'aura rassurante avec laquelle il m'enveloppe probablement même sans le vouloir. J'ai besoin de repère, il en est devenu un sans qu'on ne comprenne vraiment comment ni pourquoi l'un comme l'autre je crois. Et ça n'a pas l'air de nous poser question.

« Si tout cela est trop pour toi… Bien sûr, tu peux partir quand tu veux. Je t’offre juste mon aide parce que je vois que tu en as besoin. Il n’y a pas de contrat entre nous. Tu es libre de faire ce que tu souhaites. Même maintenant que tu m’as rejoint. »

Je relève le menton et plante mon regard dans le sien, sans défit ni provocation, sans expression particulière, aucune que je saurai décrire en tout cas.

« Je devrai avoir envie de te fuir, non seulement à cause de tout ce que tu viens de me dire mais aussi parce que ça n'a absolument rien de sensé de remettre son sort entre les mains d'un homme qu'on connait à peine, surtout quand on est une jeune femme. Pourtant mon instinct me dicte de faire tout le contraire. »

C'est là, c'est comme ça, je ne l'explique pas et je n'ai pas envie de luter contre. Tout comme je ne lute pas contre mes doigts qui s'agitent un peu nerveusement en jouant avec ma fourchette. Puis un soupir m'échappe.

« Je crois qu'il va me falloir du temps pour réellement appréhender ta réalité mais j'ai bien compris que je dois tenir ma langue et tu as ma promesse, je le ferai. D'ailleurs j'ai toujours refusé de donner ton identité quand on m'a demandé qui je venais rejoindre ici et qu'on m'a proposé de l'aide pour te retrouver. »

L'instinct.
Ça a été une évidence pour moi

« Je ne comprends pas bien ce qui me lie à toi mais c'est là, je ne crois pas qu'on puisse faire plus sain et ta présence me rassure énormément. J'ai fuit ma famille parce que j'en avais besoin quelques temps et ça n'est pas pour trouver un père de substitution mais je ne crois pas que ça soit nécessaire de devoir coller une étiquette sur nous deux. Qu'est ce que t'en pense ? »

Je crois que c'est ma façon à moi de lui dire, de manière détournée, à demi-mot, que je ne compte pas partir en courant et que l'aide qu'il m'offre, je l'accepte.

« Je pourrai toujours dire que tu es mon vieil oncle ronchon qui ne parle à personne si jamais on me pose des questions. »

Veine tentative pour retenir cette esquisse de sourire qui prend naissance sur le coin de mes lèvres.
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I'll keep gettin' up when I hit the ground, but now, maybe I need a little help ▬ Grim

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