Eddie - What the Fox?
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 Eddie - What the Fox?

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Dim 18 Nov - 14:43


Protecteurs

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▹ PSEUDO : C. ▹ EMPREINTES : 21 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 18/11/2018 ▹ LOCALISATION : Dans les pattes d'un sale gosse. ▹ HUMEUR : Blasée.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Elena : « Eddie » f*cking Dwayne
Face, je gagne. Pile, tu perds.


les loups et vous

L'avis est proche d'inexistant, parce qu'ils ont toujours été là, pour elle. Toujours dans son monde, à portée de doigts. Alors elle les aime, les loups, sans vraiment les admirer. Elle aime la franchise de leurs échanges, l'acéré de leur regard, la complexité de leurs rapports sociaux, l'honnêteté de leur violence, l'aventure aux vallons de leur pelage... Et puis tout cela l'indiffère, aussi. Trempe dans une normalité trébuchante qui ne détonne en rien dans son quotidien. Les Loups sont des hommes comme les autres, pour elle. Aussi butés, naïfs et dangereux que les autres.  
surnom(s) Elena Dwayne, E.D., Eddie. Aussi connue sous le sobriquet de « La Renarde », rien de très menaçant en soi, tout cela ne tient jamais que de l'état de fait. De l'absurde, au creux de la réalité. Du mensonge criant, paré de vérité. Ou l'exacte inverse. Personne ne sait vraiment.  + âge & date de naissance 33 ans, née un beau mardi d'automne, le 7 octobre 1986, très précisément. + lieu de naissance Le lieu n'intéresse plus, il appartient à une autre vie, un autre âge, une autre époque, une autre petite fille. C'était New York, pourtant. C'était Harlem. Dans la salle de bain d'un appartement miteux qui puait le tabac froid et la bière frelatée. C'était il y a longtemps, et elle ne s'en souvient pas. + nationalité Américaine, pour ce qu'elle en sait. C'est du moins ce que dit son passeport, le reste n'a pas d'importance. + caractère de la bête Elle en a des défauts, Eddie, qui se bousculent au cœur de quelques qualités... Mais elle s'en fout. Elle se fout de tout, usée par le monde jusqu'à ne plus savoir s'accrocher. Alors elle rit, elle se marre, se moque de tout. Cynique jusqu'au bout des griffes, ironique jusque dans les tréfonds de ses rêves, elle a ce sourire en coin qui quitte rarement ses lèvres. D'un naturel nonchalant, pour ne pas dire flegmatique, Eddie a développé un talent rare dans les relations humaines et collectionne les liens superficiels, pour le boulot, pour sa vie personnelle. Trop méfiante pour s'ouvrir aux autres. Tout ne se fait qu'en surface, au milieu des fêtes et des moments de fausse complicité. L'humaine à l'honnêteté brutale s'abstient de toute relation un tant soit peu profonde, un tant soit peu nécessaire. La dépendance ne l'intéresse pas, quand l'alcool, les loisirs et les oublis la satisfont largement. C'est qu'elle ne se projette pas dans le long terme, la Renarde, se contente de ce que les jours acceptent de lui offrir. Elle traverse la vie comme un automate, programmée pour protéger, incapable de faire autre chose, loyale jusqu'à la connerie. Eddie obtient toujours ce qu'elle veut, par tous les moyens et quoi qu'il lui en coûte. Et c'est qu'elle est bornée, aussi. Rancunière, parfois. Si ses colères sont rarissimes, elles sont légendaires et ses violences assassines. Mais elle est calme, déterminée, attentive, observatrice. Égoïste. Solitaire, aussi, malgré les apparences. Brisée. Toute seule.  + situation familiale Orpheline, ou fille d'un moins que rien. La limite est mince, effacée, occultée. Récupérée en paiement d'une dette par la famille Sullivan, elle continue d'arborer un nom de famille qui n'a aucune valeur pour elle. Si elle se connaît un père, il s'agit de son tuteur, John. Une famille, la meute. En quelque sorte. Et des attaches ? Aucune. + ton métier Armurière et prof de tir. De son pensionnat militaire et des leçons de John, Eddie aura retenu comment démonter et remonter un automatique en moins d'une minute. Alors les Protecteurs de la Famille Sullivan possèdent une armurerie, un marché toujours en vogue aux États-Unis, qui leur permet d'assurer l'artillerie de défense de leurs protégés mais aussi de fréquenter tous les flics du coin, d'être dans les petits papiers de tous les porte-flingues, de repérer quelques chasseurs débutants. Une partie du bâtiment a été aménagée en stand de tir, pour permettre à Eddie de renforcer son réseau. Et de se défouler. + ta situation (en couple, marié, célibataire) Célibâtarde, à glaner ses coups d'un soir dans un bar et à se barrer avant le petit-déjeuner. Elle collectionne les aventures, sans lendemain et sans mensonge, dans l'honnête brutalité des gens qui cherchent à étouffer leur solitude. + t'es une tête couronnée ou un humain lambda ? Elle se fond dans le paysage, Eddie, au-delà de sa silhouette peu commune et de sa mâchoire arrogante. Aucun nom à défendre, aucune position prestigieuse, pas un article de presse à son sujet. La Renarde fait partie de ses bestioles qui n'existent même pas sur internet, pratique pour surveiller les autres sans se faire reconnaître. + tu chasses ou tu protèges ou tu t'en fous ? Elle protège, à ses risques et périls. Depuis toujours. Elle protège haut et fort, efface les traces, se débarrasse des chasseurs, graisse des pattes... Et puis elle fait les papiers, aussi, elle aide à trouver des appartements, des jobs, à construire des excuses à la con pour tout et n'importe quoi, à organiser des voyages à travers le monde. Elle assiste aux réunions parents-prof les soirs de pleine lune, se fait passer pour la fille, la tante, la mère. Ment comme une arracheuse de dents, chaque fois que c'est nécessaire. Distribue des mandales à ceux qui les méritent. Planque des cadavres, maquille des scènes de crimes, aussi. Elle protège, Eddie, à n'importe quel prix.  La Renarde, ou l'Ombre des Loups. + ta situation financière : Entre le salaire que lui versent les Sullivan et ce que son job lui rapporte, Eddie n'est pas à plaindre. Elle ne croule pas sous l'argent mais n'en manque pas, en dépense peu et s'accommode très bien de son train de vie. + souhaites-tu être parrainé après ta validation ?  Oui Smile +un autre petit mot ? BUTTERNUT.   

+ Que faites-vous en Norvège ? L'honneur est une valeur qui lui échappe, le sens du devoir, par contre, semble tatoué à même sa peau. Alors elle obéit, la bestiole, elle suit les ordres, et la meute lui a ordonné de mettre sa vie entre parenthèses, une fois de plus, pour suivre les folles envies d'un louveteau nouvellement couronné. Parce que Théodore a réclamé une année sabbatique pour voir le monde, les Loups l'ont envoyée le suivre dans sa folle épopée pour le protéger. Du monde, des autres et de lui-même.

+ Avez-vous des liens particuliers avec la race lupine ? Tout protecteur a une histoire, une raison, un quelque chose d'intime qui l'amène à choisir cette voie. Eddie a été offerte en paiement à Jonah Sullivan pour payer une dette paternelle... Et a été élevée comme un membre de cette famille, un membre différent, à part, asservi. Elle ne sait pas vivre autrement qu'ainsi.

+ Que feriez-vous si vous tombiez sur un loup ? Rien. Par habitude. Par lassitude. Sauf à assister à une situation urgente exigeant sa prise de position, toujours au bénéfice lupin, si elle croisait un Loup, Eddie ne ferait rien.

PROTECTEUR

les compétences générales


Calcul des points :
Age : 6 points
Rang social : 6 points
Expérience : 5 points
Physique : 6 points
Total : 23

Répartition des points :
• Force : 3
• Vitesse : 4
• Agilité : 3
• Maîtrise d'une arme : 5
• Résistance à la manipulation : 3
• Combat : 5
• Sens de l'observation : 5
• Aisance sociale : 5
• Mensonge : 8


les compétences personnelles


Sens de l'observation ou sa capacité à observer le monde et à en retenir les détails pour mieux les mettre à l'emploi en fonction de ses besoins, en analyser l'existence et l'origine pour comprendre les tenants et les aboutissants d'une situation.
Aisance sociale ou sa capacité à se lier avec les autres, à entretenir son réseau.
Mensonge parce qu'il faut un quelque chose qui tient du génie dans le péché pour réussir à bien planquer un secret.


personnage inventé


Dans le cas de personnage inventé :
Je ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  


derrière l'écran


+nom/pseudo C.  + âge Immémorable. Non sérieux, j'suis vieille, j'ai honte. + présence sur le forum Modérée? Je dirais 3, 4 jours par semaine? + ta région *ne dira rien* + ton avis sur le forum Le contexte est très intéressant, les annexes précises, le design hyper sympa. Si je peux juste me permettre un petit conseil : le contexte en lui même mériterait d'être un peu étoffé, parce que ça m'a pris un peu de temps de comprendre ce que foutait les américains ici, du coup on perd un peu en compréhension au début, c'est un poil dommage. Pour le reste, rien à redire. + comment nous as-tu trouvé ? J'ai été ramenée par la peau du cul... *se masse la fesse* + tu as un dernier mot l'ami ? Cucurbitacée.

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Dim 18 Nov - 14:44


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▹ PSEUDO : C. ▹ EMPREINTES : 21 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 18/11/2018 ▹ LOCALISATION : Dans les pattes d'un sale gosse. ▹ HUMEUR : Blasée.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Hot to trot, she's a bit insane
Little bit a pleasure, with a little bit a pain



You can't be afraid if you don't have anything left to lose



I.

Les souvenirs sont lointains, effacés, comme rangés dans une boîte qu'elle aurait scellée dans le fond de sa caboche, la mioche. Elena n'a jamais su si sa mère était morte, ou juste partie. Peut-être que son père le lui a dit, peut-être qu'il a gardé le secret. Peut-être qu'elle a simplement oublié, comme le reste. Comme les hurlements, la nuit, et les rires gras des amis de son père qui défilaient dans l'appartement minuscule qui était le leur, où la gosse n'avait qu'une petite chambre, un petit trou, presque un placard. Son royaume, jure-t-elle encore, avec ses murs bleu roi et ses rideaux aux constellations dorées. Son royaume dans un univers de laideur, sa petite bulle d'oxygène et d'existence dans la crasse et la pauvreté. Elle était trop petite pour comprendre, pour savoir si son père était un dealer ou un toxico, un criminel ou une victime. Il avait les traits tirés, elle se rappelle encore sa mâchoire émaciée. Ses yeux gris, aux éclats métalliques, souvent hagards, un peu rêveurs, beaucoup absents. Elle se rappelle la solitude, le froid, le gris. Mais pas les cauchemars.

Les enfants ont cette fabuleuse capacité de ne voir dans la boue qu'un immense terrain de jeu. Pas le triste spectacle d'une terre gorgée de pluie. Ou de larmes.

Et puis il l'aimait, le paternel. Suffisamment du moins pour se rappeler des anniversaires, même de Noël. Pour avoir appris quelques recettes à cuisiner le soir. Pour signer les relevés de note et remplir le frigo. Pour dégager les mecs trop bruyants qui s'approchaient trop près de sa petite. Mais tout cet amour n'aura pas suffi, elle le sait aujourd'hui.

Elle était petite, elle avait six ou sept ans. Et elle courait. « Va doucement, Elena. » Va doucement, il disait, Papa. Parce qu'elle courait, la mioche, elle courait le long du chemin, sans prêter attention aux larmes dans les yeux du père, ou au sac à dos épais et plein qu'il trimballait sur son dos. Elle n'avait pas compris tout de suite, quand il était parti en la laissant avec ces gens qu'elle ne connaissait pas. Elle s'était dit qu'il reviendrait. Va doucement, il avait dit. Ne te précipite pas. Assise au bord d'une grande fenêtre, les yeux rivés sur la rue grise d'un New-York sous la pluie, elle avait attendu. Longtemps. Sans vraiment prêter attention aux petits qui jouaient dans le salon, au père qui la regardait d'un sourire satisfait, la mère d'un œil inquiet. Il n'y avait que l'absence étrange de l'autre, de celui qui l'avait faite, du seul qu'elle avait. Elle avait été turbulente ce jour-là, c'était vrai. La gosse avait couru dans les rues et sauté dans les flaques avec ses bottes en caoutchouc rouge. Est-ce qu'il serait revenu, si elle avait obéi ?

Elle serait sage, elle avait promis.

« It's like you told me
Go forward slowly
It's not a race to the end »


*

II.

Elle avait été sage. N'avait pas trop pleuré, quand elle avait fini par comprendre qu'il ne reviendrait pas. Et puis elle avait obéi, aussi.

Cela faisait déjà quelques mois que James Dwayne avait offert sa fille en paiement à Jonah Sullivan, pour effacer ses dettes et ne pas payer de sa vie son dernier affront. Elle n'aurait pas pu vivre sans lui, s’était-il dit, préférant donc offrir une existence différente à sa progéniture plutôt que de risquer la sienne. Un raisonnement égoïste mais somme toute efficace. Et il savait, le paternel. Il savait parfaitement à qui il offrait sa fille, avait même osé demander au Loup s'il pensait la mordre, avant de fuir la ville, puis le pays. James n'est jamais revenu pour Eddie.

Et la petite fille a grandi.
Elle n'a pas hurlé, la première fois qu'un loup l'a approchée.
Elle n'a pas pleuré, à chaque genou écorché.
Elle n'a jamais rien réclamé.

Quoi qu'ait envisagé Jonah en récupérant ce petit brin de gamine, en la voyant aussi débrouillarde, aussi capable de résilience et d'adaptation, ses plans ont fini par changer.

« Elle ferait une bonne protectrice, non ?
- Pardon ? »
Elle est belle, Ethel. Grande, élancée, sauvage. Et elle s'approche de son mari, perché devant la fenêtre. Ils regardent les gosses jouer dehors, se courir après en riant à gorges déployées. Les bras de la femelle s'enroulent autour du torse mâle, tandis qu'elle écoute et qu'il pense à voix haute.
« Elena. Elle ferait une bonne protectrice.
- Elle est si petite, Jonah.
- C'est précisément à cet âge-là que l'on dresse le mieux un chiot, tu ne crois pas ? »


Et dehors, les gosses jouent à chat. Il y a Andrea, et ses petites menottes encore potelées, qui court aussi vite qu'elle le peut après les grands. Théodore qui saute sur ses pieds, enjambe les trottoirs comme le héros new-yorkais qu'il est. Eddie qui joue avec sa petite sœur, avec son petit frère. Avec son meilleur ami. Et ils rient. C'est fou ce qu'ils rient.

« He would always laugh and say
Remember when we used to play? »


*

III.

Son enfance est différente de celle des autres, à mesure qu'elle grandit et intègre une famille qui ne saurait être la sienne. Il y a ce contraste, puissant, entre la nature sauvage des Loups et l'implacable urbain de New-York... Mais ce paradoxe lui convient. Et puis elle n'est pas comme les autres, Eddie. Elle n'aspire à la même vie. Sa chambre est plus grande que celle qu'elle possédait autrefois, et les rideaux sont blancs. Comme les murs. Bien malgré elle, elle existe comme si elle allait devoir partir le lendemain et vérifie sa valise tous les soirs, quand d'autres gamins font leur prière, leurs petites mains jointes par dessus le couvre-lit. Son enfance est même différente de celle des autres gosses de la maison, parce qu'elle n'est pas une Sullivan, parce qu'elle n’intégrera pas la meute. Tous les soirs, Jonah la reçoit une demie heure, seule, et prend le temps de lui expliquer des choses qu'elle n'a pas le droit d'oublier, parce qu'il ne faut pas le contrarier. Parce qu'il ne faut pas le décevoir. Elle a huit ans quand Ethel vient l'arracher au confort de la cabane qu'ils ont construite sous un lit avec Théodore pour l'emmener dans le salon.

« Elena, voici John. Ton tuteur. » L'homme a une trentaine d'années, une balafre à travers la gueule, un regard gris qui transperce le monde... Et toute la tendresse de l'univers dans son sourire. Il est grand, musclé, la silhouette sèche... Impressionnant, presque effrayant, mais le géant se penche, s'accroupit devant la môme, et lui tend une main pour la saluer, son sourire bouffeur de soleil accroché aux lèvres. Il s'appelle John et il sera son tuteur, lui apprendra tout de la tâche de protecteur, l'entraînera pour ses responsabilités futures. Et elle râle, un peu, de sa petite voix et avec ses grands yeux embués de larmes. Elle râle parce qu'elle n'a pas beaucoup de temps, et qu'elle voudrait rester avec Théo, et qu'elle voudrait rester avec Andrea, et qu'elle est fatiguée. Que le Monsieur a l'air gentil, mais qu'elle n'est encore qu'une petite fille. Si John ne répond rien, Jonah lui exprime clairement le fond de sa pensée d'une claque si explicite que la petite carcasse s'écrase au sol dans un gémissement sourd. Eddie a compris, elle ira chez John tous les jours après l'école.

La môme sort du salon en se frottant la joue et s'en va ranger sa valise, y glissant son doudou dans un soupir fatigué. C'est une peluche loup que Théo lui a donnée pour qu'elle ne l'oublie jamais mais elle n'est plus une petite fille, le Père l'a dit. Alors elle planque son loup sous ses affaires, dans le fond de sa petite valise noire qui porte encore le nom et l'adresse de son père biologique, la referme et la glisse à nouveau sous le lit.

À contre cœur, Eddie grandit.

« I know it hurts
It’s hard to breathe sometimes
These nights are long
You’ve lost the will to fight »


*

IV.

La lumière est grise, sur ses paupières encore fermées, froncées par la douleur avant de s'ouvrir sur un monde qu'elle ne reconnaît pas. La gosse gémit doucement, ramassant sa petite silhouette endolorie. Elle ne comprend pas. Les murs sont blancs, les rideaux bleus. Elle ne connaît pas cette chambre mais observe en silence les quelques cartons qui traînent au sol et sa valise posée aux pieds du lit. Les doigts se referment sur la couverture, tirent un peu la laine pour planquer son museau jusque sous les yeux. « Il y a quelqu'un ? », elle demande, grelottante de fatigue et de peur sous les draps. Et elle entend des pas, lourds et mesurés, qui remontent un couloir jusqu'à s'arrêter devant la porte. C'est un soupir adulte qui résonne derrière le panneau en bois, avant que John n'apparaisse, les traits tirés, l'air contrarié. « Tu es réveillée... J'ai eu peur, tu sais. » Non, elle ne se sait pas. Ne se rappelle pas. Ils étaient dans un parc. Puis à la maison. Ils jouaient, de ça elle est certaine. Ils jouaient, Théo et elle. Et elle l'avait aidé à faire ses devoirs. Le Père n'était pas content parce qu'ils avaient encore dormi dans le même lit. Elle s'en souvient. Et puis après, elle ne sait plus très bien. John prend le temps de boucher ses trous de mémoire, lui raconte de façon évasive une dispute violente avec Théodore, et leurs cris à travers la maison. Et puis sa fuite, à elle. Sa chute dans l'escalier, sûrement. Les bleus sur tout son corps, le traumatisme crânien. « Il a dit qu'il ne voulait plus te voir... Alors Jonah préfère que tu vives ici, maintenant. Avec moi. » La gosse ne dit rien, mortifiée sous ses draps. Elle ne comprend pas. Ne comprend pas comment ça a pu arriver. Pourquoi. Et elle essaye de se lever, dégage les couches de laine, met en branle sa petite carcasse fatiguée. Se ravise rapidement, le corps au supplice. Une sacrée chute, sûrement. Dont elle ne se rappelle pas. Tout est flou, gris et froid. Elle a mal, aussi. Tellement mal au cœur. La respiration saccadée de la petite emplit la chambre, résonne entre les murs. Tellement mal. Tellement. Trop. Et puis il y a la valise, la petite valise noire où l'adresse de sa première maison est encore écrite, sur l'étiquette qu'elle n'avait pas pris la peine de mettre à jour. Sa valise sortie de dessous de son lit, balancée dans une nouvelle chambre. Une nouvelle vie. Un nouvel abandon. Un soupir remonte, le long de ses bronches endolories, s'échappe d'entre ses dents encore trop tendres. Et l'autre pose une grande paluche sur son épaule délicate, caresse distraitement une joue, replace une mèche derrière une oreille avec la maladresse d'un père. Il y a des tourments derrière son sourire solaire. « Jonah t'a inscrite en pensionnat. Tu dois commencer la semaine prochaine... » Et Eddie n'a pas le choix.

« You were the better part
Of every bit of beating heart that I had
Whatever I had
I finally sat alone
Pitch black flesh and bone
Couldn't believe that you were gone »


*

V.

Les mois puis les années ont passé, obligeant la petite fille à s'endurcir. C'était l'idée de Jonah, le pensionnat militaire. L'éducation la plus parfaite possible pour une protectrice taillée sur mesure. Le Mâle dominant élève et modèle une créature faite pour le servir, se réjouit des progrès qu'il note à chaque vacance, lorsqu'elle rentre à New-York. Un peu plus distante à chaque fois, plus nonchalante, plus ferme. Sa silhouette s'étend, s'allonge, s'assèche. Il y a quelque chose de mortel, d'étrangement gracieux dans chacun de ses gestes. Et John parfait son apprentissage à chaque retour à la maison, quant à l'armement, quant à la meute, quant aux secrets. Il les aime, les Loups, bien plus qu'elle.

Il y a très précisément deux heures et quarante trois minutes de trajet entre la Winfield's Academy et le territoire Horcas, huit minutes de plus pour rejoindre la maison de John. Il faut rajouter douze minutes de marche pour se présenter chez les Sullivan. C'est un trajet qu'elle connaît par cœur, qu'elle récite dans sa tête, tranquillement assise sur un banc devant l'académie, son sac militaire aux pieds. La petite valise noire a été remplacée, il y a longtemps maintenant. Et la jeune femme garde les pieds immobiles sur le sol, sans ressentir le besoin de les balancer dans le vide ou même de croiser les jambes. Le sourire aux lèvres, l'air serein, Eddie attend patiemment la voiture qui la ramènera jusque chez elle pour Noël. John et elle passeront le réveillon en tête à tête, puis les deux protecteurs rejoindront les Sullivan pour le déjeuner. Elle assistera à toutes les réunions de la meute pendant ses vacances, passera le reste de son temps à faire ses devoirs, à s'entraîner et à aider John à l'armurerie. Les doigts fouillent dans le fond de la poche de sa veste en cuir, attrapent un paquet de clopes défoncé et un briquet, collent une cigarette entre ses lèvres, font riper la pierre, permettent à la nicotine de s'engouffrer dans ses poumons. Elle aime le goudron, les routes noires qui relient les villes, les vies. Son sourire s'étire. La petite Eddie a bien grandi.

La nuit a déjà embrassé la ville qui ne dort jamais quand elle arrive finalement à Harlem. Cela fait quelques années déjà qu'elle n'achète plus qu'un cadeau pour John, à cette période-là. Son choix s'est porté sur un couteau de chasse qu'elle a planqué dans le fond de son sac à moitié vide. La gosse voyage léger. À table, le vieux l'informe qu'elle va commencer à assumer ses premières fonctions de Protectrice, que ses premières tâches consisteront principalement en une surveillance des plus jeunes du clan. Elle hausse des épaules, derrière son assiette. « Très bien. » C'est qu'elle n'en a plus rien à foutre de rien.

« My past has tasted bitter
For years now
So I wield an iron fist
Grace is just weakness »


*

VI.

Les pneus de la voiture crissent dans la nuit grouillante d'un New-York enneigé. La ville semble fatiguée ce soir et Eddie serre les doigts encore accrochés au volant avant de se tourner vers ses passagers, son implacable sourire accroché au museau. « Tout ceci restera entre nous... Comme d'habitude. », elle dit, avant de se pencher vers le siège passager pour embrasser la joue d'Andrea et de saluer Théodore d'un geste du menton. Assise dans sa bagnole, elle regarde les deux silhouettes prendre la direction de leur lit quand une troisième ombre attire son regard, à une fenêtre. Jonah. « Et merde. » La porte de la voiture claque, alors qu'elle se précipite à la rencontre des deux autres, haussant des épaules d'un air tranquille en les retrouvant. « J'ai besoin d'un verre d'eau. » Une excuse comme une autre, médiocre, parce qu'aucune explication n'a sa place dans sa prise de position, sinon son rôle. Parce que protéger n'est pas juste une affaire de gestion du secret, de repérage de chasseurs, de maquillage d'erreur ou d'accompagnement dans la vie humaine. Protéger, c'est aussi préserver les loups d’eux-même, de leurs violences et de leurs déchirures. Protéger, c'est aussi apaiser les rapports entre les membres d'une meute, c'est être prêts à essuyer quelques coups pour éviter qu'un combat inutile ne se déclenche entre deux individus. Particulièrement entre deux mâles. Ses prunelles s'accrochent une seconde à l'angle de la mâchoire de Théodore quand la porte d'entrée s'ouvre sur la silhouette nerveuse de Jonah. Et Eddie sourit, hausse à nouveau des épaules lorsqu'Andrea se tourne vers elle, surprise. « Allez vous coucher... » Et il n'y a pas de place à la négociation. La protectrice suit le dominant au salon, referme les portes derrière elle. Avec les années, elle connaît la chorégraphie par cœur. Avec le temps, Eddie n'a même plus peur.

« Que s’est-il passé ? » Elle sourit, encore. Toujours. Elle sourit malgré le menaçant de sa carrure, malgré l'angle anormal du rictus qui lui barre la tronche. Un haussement d'épaules, un de plus. « Ils m'ont demandé de venir les chercher... Tu me connais, toujours prête à rendre service... » Et il n'achètera pas ce mensonge-là. « Ils auraient pu prendre un taxi. » Ils étaient en soirée, il le sait. Ils sont encore jeunes, elle un peu moins, et lui tellement plus vieux. Plus massif. Plus imposant. « Je fais un taxi tout à fait correct. Mais gratuit. » Lui n'a pas besoin de savoir, du moins elle en est persuadée, et Jonah ne l'entend pas de cette oreille. Le coup fuse plus tôt qu'elle ne l'a prévu mais elle l'encaisse dans ce grognement sourd devenu caractéristique de ses violences silencieuses. Une main s'accroche au dossier du canapé, pour ne pas valser, quand l'autre se pose sur la pommette douloureuse. Elle savait, pourtant, qu'il ne se contenterait pas de ce mensonge-ci. « Il y avait un chasseur, là-bas. Il a fallu aller les sortir de là. » Elle dit, sachant qu'il acceptera cette vérité qui n'en était pas une, sans savoir qu'elle continue de lui mentir avec l'audace des gens prêts à crever. Il n'a pas besoin de savoir, ne doit pas en entendre parler. Avec les années, Eddie est devenue particulièrement douée pour planquer un secret. « … Je peux rentrer ? » L'autre ne répond pas, d'abord, puis plante dans ses yeux un regard qu'elle ne connaît que trop bien. « C'est un jeune, il ne représente pas une menace, Jonah. On n'a pas besoin de ça. » Mais lui a besoin de ça, et rien ne l'arrêtera.

*

Le soleil se lève et la voiture de la brune est toujours devant la maison Sullivan. Le Père a deux tasses de café dans les mains, tranquillement assis dans l'entrée, l'air étrangement détendu. Puis elle reparaît, enfin, les cheveux vaguement ébouriffés et les traits tirés, de la boue sur ses pompes, une pelle à la main. Tandis que le paternel lui tend la tasse fumante, elle croise le regard interrogateur d'Andrea, en pyjama, qui s'attarde sur sa joue qui a bleui avec la nuit. « Je me suis mise au jardinage. », elle dit, ignorant les sourcils froncés de Théodore derrière sa sœur. Et le père récupère la pelle, sans mot dire, à mesure qu'elle descend le liquide brûlant qui réchauffe son corps groggy par le froid. Elle a passé la nuit dehors, à nettoyer les ravages d'une colère sauvage, a sacrifié un connard un peu gênant pour un peu de tranquillité lupine. « Je dirai à John où ne pas aller creuser. » Elle finit par se barrer, sans se retourner. Dans trois jours, elle rentrera à l'Académie pour finir son cursus militaire et continuer avec le plan existentiel que Jonah a établi pour elle. Et ça lui va.

« I'd love to leave my guilty ways behind
I got all these worries on my mind
And lord I know it's all cliché
Seems like I just can't find my way »


*

VII.

« Ne fais pas cette tête-là. Je ne vais pas avoir le temps de te manquer que je serai déjà rentrée. » Andrea se réfugie dans les bras qui la serrent doucement, s'accroche une seconde à la silhouette de la Renarde qui s'en va en guerre. Près de la porte d'entrée, John affiche un visage nerveux, objectivement angoissé à l'idée de voir embarquer la môme qu'il a fini par considérer comme sa fille. Elle sourit, l'autre, préférant ne pas s'encombrer de remords ou de regrets. Elle sourit et relâche Andrea, enlace Ethel, salue Jonah. « Je vous enverrai une carte postale. », elle dit, tandis qu'elle se tourne vers Théodore et se penche pour embrasser sa joue, l'air distrait, quand elle a encore son odeur sur la peau, le goût de sa bouche sur la langue. La nuit précédente était une erreur, un moment de faiblesse, en réponse au besoin urgent de se tatouer l'autre quelque part sur le corps, au cas où elle ne reviendrait pas. Mais elle reviendra et il oubliera. Ses doigts s'accrochent à son poignet, une seconde, le temps d'une caresse éthérée qui s'efface avec la distance dès qu'elle recule et rit doucement. « Allez, je ne voudrais pas rater mon vol. Le billet n'est pas échangeable, il paraît... »

*

Il y a un silence mortifère sur le camp, et ils sont tous là, à tourner en rond. Eddie joue au poker avec quelques camarades, assise en tailleur, les manches de son treillis retroussées pour oublier un peu la chaleur étouffante. Cela fait trois mois, déjà. Trois mois qu'ils sont là, après six mois de formation drastique. Comme de nombreux membres de son académie, Elena Dwayne a rejoint les rangs d'une formation d'élite, en première ligne d'un conflit qui dure depuis trop longtemps. Et ils jouent aux cartes, sans piper un putain de mot. Un de leurs frères d'armes est mort, ce soir, coincé dans le camion qui a explosé sous leurs yeux... Et ils sont là, à attendre. Comme à chaque fois qu'un soldat tombe au combat, un black-out a été déclaré sur le camp, en attendant que les autorités déterminent précisément le nom du défunt et les conditions de sa mort, empêchant les autres de communiquer avec l'extérieur. Rien n'arrive, rien ne sort, et ils attendent dans un silence de mort. À l'autre bout de la planète, les familles n'en savent pas davantage, sinon qu'un américain s'en est allé, parce qu'un journaliste a encore parlé trop vite.

Ce jour, à Bagdad, un sniper est décédé brutalement. Il s'appelait Stephen, il avait 20 ans. Stephen était originaire de Washington et avait fait ses classes la Winfield's Academy. Eddie le connaissait depuis plus de huit ans. C'était un frère d'armes, un excellent camarade. Un tireur, comme elle. Un sniper. Les doigts de la Renarde se referment sur la crosse de son arme, dans un hommage silencieux, tandis que les gradés dégueulent les informations afférentes au tragique incident de la journée, s'adressant à une cours pleine de militaires à la gueule décomposée. Le black-out est finalement levé, les autorisant à communiquer. À rassurer.

Je vais bien, elle écrit à John, sans s'attarder sur les détails. Je vais bien, je suis toujours debout. Je vais bien, je vais rentrer. J'ai promis. Et puis, au pire, c'est la vie...

« Night is falling and you just can't see
Is this illusion or reality
You're in the army now »


*

VIII.

Le sable est blanc, sous le soleil lourd d'Irak, et les murs grisés par la poussière que les conflits soulèvent à n'en plus pouvoir. Il n'y a plus un chat, dans ce village anonyme, les enfants sont partis en laissant leurs jouets derrière eux. Et elle sourit, Eddie, sur son toit plein de gravas, son fusil calé sous le bras, les hanches fondues au sol, la gâchette au bout du doigt. « Cesse de gigoter Grant. C'est notre dernière mission, tâche de ne pas la foirer. » Derrière elle, sur le flanc nord du bâtiment, le tireur Grant s'impatiente. Ils sont là depuis trois heures, déjà, à surveiller les ruelles de ce village que les rumeurs prétendent occupé par les rebelles. « C'est long, lieutenant... » Et elle tire, sans prévenir, dégommant plus loin le bout d'un canon aperçu au détour d'une épicerie abandonnée. « Allez, Grant. Un dernier effort avant le retour à la maison. »

*

Les treillis s'enlacent sur le tarmac, se saluent de grandes claques dans le dos, le poitrail alourdit de médailles et de barrettes pour une bonne partie d'entre eux. Derrières les portes vitrées, les familles s'entassent et se pressent, impatientes de retrouver ceux qui ne sont plus rentrés depuis un peu plus d'une année. Le temps a passé. Les bras de John s'ouvrent grand pour mieux se refermer sur la silhouette affûtée de sa petite protégée. « T'en as mis du temps... » Elle avait quelques uns de ses hommes à saluer, qu'elle souffle, serrant son museau contre sa joue rugueuse avant de prendre la route de la maison, prête à affronter les bouchons entre Harlem et JFK.

« Tu penses prendre un appartement ?
- Je viens de rentrer, tu veux déjà me dégager ?
- C'est juste pour savoir. Si tu restes, si tu repars.
- J'ai fini mon service militaire, Dad. Mais je peux me prendre un appart, si ça t'emmerde de partager ton frigo.
- Ne sois pas stupide. Tu restes aussi longtemps que tu veux. Ça m'évitera de me prendre un chien.
- En parlant de poilus, tout le monde va bien ?
- Ils vont bien. Ethel et Andrea ont organisé un dîner pour ton retour, d'ailleurs. »


Elle grimace doucement, se renfrognant dans son fauteuil. Elle est fatiguée. « Je suis obligée ? » Il sourit, levant les yeux au ciel. « Tu l'as dit, Eddie. L'armée, c'est terminé. » Il est grand temps d'adopter pleinement la vie pour laquelle elle a été forgée.

Et il y a les bras, à son retour. Les embrassades, les anecdotes, les acquiescements. Sa chaise laissée vacante pendant les fêtes de famille, en attendant qu'elle daigne rentrer vivante de ses aventures lointaines. Et il y a le regard de Jonah sur sa nuque, et son sourire satisfait. Celui d'Andrea brillant de curiosité, celui d'Ethel plein d'une tendresse presque maternelle. Et Théodore, qui l'ignore. A part elle, rien n'a vraiment changé.

Plus tard dans la soirée, Jonah, John et elle s'enfermeront une nouvelle fois dans le salon pour parler d'avenir et de salaire. De missions et de devoirs. Du début d'une nouvelle histoire.

« In the night, I hear them talk
Coldest story ever told
And somewhere far along this road
She lost her soul »


*

IX.

Le quotidien s'est installé, et les années ont filé. John n'a jamais laissé sa fille déménager et ils gèrent ensemble l'armurerie qui occupe le rez de chaussée de la maison. La Renarde a utilisé sa maîtrise militaire pour installer un stand de tir dans les sous-sols de la bâtisse, où elle dispense son savoir quand l'armée ne la réquisitionne pas pour en faire de même sur les camps d'entraînement alentours. Il y a la vie, mécanique, en dehors du travail. Les devoirs de protecteur qui occupent leurs soirées, et puis le reste. Ses échappées solitaires, ses nuits dans les bars, et dans des paires de bras anonymes qu'elle brade avec une facilité qui frôle l'absurde. Rien ne semble plus l'atteindre, dans sa forteresse de normalité, de flegme revendiqué. Et il y a ce sourire, ce sourire qui ne la quitte jamais, même quand elle est réveillée par Jonah à trois heures du matin, ou qu'Andrea décrète qu'elle a besoin d'elle en plein milieu de la journée.

L'armurerie lui permet d'être à la disposition du gang en permanence et ses services se divisent entre différentes familles depuis quelques années. L'ordre des Protecteurs les a approchés déjà, par trois fois, pour leur proposer de prendre plus d'importance dans l'organisation. John y voit une opportunité de partager sa vision quand elle n'y perçoit qu'une perte de temps inutile. C'est finalement le gang qui les pousse à s'impliquer davantage dans les affaires des protecteurs new-yorkais, jusqu'à se faire les émissaires des Horcas en la matière. Elle râle, un peu, se fait rabrouer une fois sur deux. Par John, par Jonah. Qu'importe. La vie est là, normale et extraordinaire à la fois. À vingt quatre ans, Elena Dwayne est l'une des protectrices les plus en vogue de Harlem, avec son réseau, son entraînement militaire, ses armes blanches, ses pratiques non orthodoxes et son indécrottable sourire qui nourrit la légende.

*

« John ? » elle appelle, la tête lourde, la bouche comme anesthésiée par les litres d'alcool ingurgités. Il y a le monde qui tourne, qui n'arrête pas de tourner. Elle voudrait descendre. Doucement, la carcasse se redresse, ouvrant un œil, vaguement surprise de se découvrir affalée sur le canapé. Et puis il y a des bouteilles tout autour d'elle, et un foutu bordel, la moitié des bibelots du salon fracassés au sol. Ses paupières lui font mal. Mal d'avoir trop chialé. Et la vérité vient la frapper, se rappeler à son bon souvenir, la gueule encore ensommeillée. John ne répondra pas. John ne répondra plus jamais. Et elle doit s'habiller en noir, aujourd'hui, pour aller le retrouver.

Un frisson d'horreur cavale le long de sa colonne vertébrale.
Il y a deux jours, des policiers sont venus lui apprendre la mort de John, alors que la nuit n'était pas encore tout à fait tombée. Il y a deux jours, le monde a cessé d'exister.

Et elle est seule, et elle a froid. Debout devant la tombe fraîchement creusée, vêtue d'une robe noire, emmitouflée dans un manteau tout aussi sombre, épais, elle a la gueule défaite et l'air absent, tandis que ses yeux restent accrochés au trou devant ses pieds. Il y a l'odeur de la terre fraîche, et le silence autour d'elle, le silence qu'elle se figure, parfaitement fermée aux silhouettes qui l'approchent, qui viennent lui présenter leurs condoléances. Elle n'a pas pleuré. Elle n'a plus rien à pleurer. Il n'y a plus que la solitude. Plus que le froid. Et la dureté de ses traits, de ses mâchoires résolument fermées, des murs qu'elle dresse entre elle et le reste du monde, entre leurs souvenirs à eux et l'ignorance des autres. Et elle reste seule, alors que le cercueil est descendu. Et elle a toujours aussi froid. Et elle ne dit rien. Ne répond pas. Ne répond plus.

C'est terminé, qu'elle voudrait hurler.
L'avenir est un mot qu'elle n'utilisera plus qu'au conditionnel ou à l'imparfait.

« No turning back, no where to run
No where to hide, it's too late to say goodbye
Push back from my heart, wish we could go back to the start,
But oh my God is this real? No more time
It's too late, It's too late to say goodbye »


*

X.

La suite de l'histoire n'est qu'une longue litanie d'habitudes. La vie a repris son cours, sans plus attendre que John ne sorte de la tombe, et Eddie a récupéré l'armurerie et la maison. Il lui a tout légué, n'avait personne d'autre que la gosse que Jonah lui avait confié.

Et elle protège, la Renarde, et elle enseigne. Elle se bat, aussi, se défoule dans les salles de combat de la ville, dans les sous-sols de l'armurerie. La ve suit son putain de cours, sans jamais déborder. Les Sullivan, les Loups, les Bars, l'Alcool, son rire qui traverse la nuit. Jonah, les coups, les engueulades à désamorcer, le secret à garder. Et puis les bars, et puis l'alcool, et les bleus sur sa peau porcelaine. Et puis les loups, la meute, ses services qui s'étendent dans Harlem. L'Ordre des Protecteurs. Et puis le reste. Et puis les bars, encore, et puis les bras, et l'oubli dans d'autres draps dans lesquels elle ne reste pas.

Sa carcasse s'affale sur un matelas dans un soupir satisfait, et l'autre s'étire à côté, vient s'accrocher à ses hanches d'un bras lourd, la ramenant d'autorité contre son torse. Elle s'allume une clope, contemple le plafond en silence un instant avant de s'agiter, de se libérer du bras qui l'empêche de bouger pour mieux choper son jean, sauter dans ses fringues, l'air encore débraillé.

« … Tu veux pas rester ? » Elle sourit, la clope au bec, toisant son amant d'une prunelle moqueuse. « Je suis pas le genre de filles à qui on sert le petit-déjeuner, Greg. Tu le sais. » Il le sait, l'a compris à force de la voir s'échapper. Le mâle râle à voix basse, tirant la couverture pour recouvrir sa nudité. Elle pourrait rester, qu'il grogne. Il veut pas l'épouser, juste pioncer. Et elle est là, la Garce, avec son air amusé et son putain de sourire, achevant d'enfiler sa veste. « Je te paierai un verre la prochaine fois, pour me faire pardonner. » Et avec un peu de chance, il aura oublié parce qu'elle n'a pas prévu de s'en rappeler.

« I don't know where I ended up last night
I don't know where I can find some light
I don't know where I left my keys
Was it with you or were you with me? »


*

XI.

Le téléphone vibre, sur la table basse. Encore et encore et encore. Jusqu'à ce qu'elle daigne finalement abandonner son magnum pour attraper le maudit appareil qui n'arrête pas de la solliciter. Le nombre d'appels qu'elle a loupés en moins d'un quart d'heure a un quelque chose de délirant, d'inquiétant. Elle décroche, à la première vibration. Et elle écoute, attentivement, elle écoute et elle grogne qu'elle arrive, sans se faire désirer. « FAIS CHIER ! », qu'elle gueule, agrippant ses clés sans se donner la peine d'éteindre la télé, d'enfiler un pull ou même une paire de chaussures. « Merde. Merde. MERDE. » La bagnole démarre en trombe et s'arrête dans un crissement de gomme à déchirer la nuit. Ses pieds nus frappent le bitume, tandis qu'elle se rapproche de la maison Sullivan, son téléphone dans une main, un énorme sac sorti du coffre de sa jeep dans l'autre.

Et elle le voit, sortir de la baraque. Elle le voit, plein de sang, la prunelle sauvage et l'air hagard. « Théo... », qu'elle murmure, pour la première fois en vingt ans. « Non ! » Mais l'autre l'a vue, et l'autre s'enfuit. Plein de sang. En pleine nuit. « Reviens ! » Putain de bordel de merde.

Jonah n'est plus là et cette nuit, le monde a basculé encore une fois... Mais ce connard ne s'arrête toujours pas de tourner.

*

« Teddy a demandé une année sabbatique avant de prendre ses fonctions de chef de famille, il veut voyager, a parlé d'aller découvrir la Norvège... » Sous le regard de la mère de famille, flanquée d'Andrea, d'une tante et d'un oncle, d'un cousin, Eddie hoche du chef distraitement, lisant un mail reçu d'un contact dans la police au sujet d'une enquête des services sanitaires sur la présence de chiens errants dans la ville. « Eddie ? » Elle relève la tête, interrogeant la matriarche d'un sourire, s'intéressant peu aux tribulations d'un Théodore fort libre de vivre sa vie. « Nous avons décidé que tu l'accompagnerais. »

« Pardon ??? » La silhouette se redresse, surprise. Contrariée, aussi, quand bien même elle obéirait. La Protectrice n'est pas bien sûre d'avoir tout saisi. « Mais que voulez-vous que je foute en Norvège ? Et qui fera mon job pendant que je ne serai pas là ? » Le silence lui répond, Ethel la dévisageant avec une gravité qu'elle ne connaît que trop bien, qui l'oblige à répondre par elle-même. « Okay. » Elle s'arrangerait.

« I waited for something, and something died
So I waited for nothing, and nothing arrived
It's our dearest ally, it's our closest friend
It's our darkest blackout, it's our final end
My dear sweet nothing, let's start a new »


Life's a silly joke.
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Dim 18 Nov - 15:26


Meute Noire

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▹ MULTICOMPTES : Edwina S. Svanhildesen, l'alpha de la meute blonde et Ester L. Braaten, conseillère du Roi et Chef des Traqueurs de la meute argentée. Torvald Marklund, chasseur. ▹ PSEUDO : ODAYA OCHAVEN, fondatrice pour vous servir ! ▹ EMPREINTES : 531 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 21/09/2016 ▹ LOCALISATION : Quelque part dans les ombres de Bergen. ▹ HUMEUR : Mauvaise, sombre, antipathique. Pas réellement fréquentable. Encore moins pour les blonds et autres infériorités.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE: Quelques sachets remplis d'herbe, un miroir, un livre de prières et une coupelle pour recueillir le sang de ses patients.



Bienvenue parmi nous petit louveteau !
puisse ton voyage bien se passer


Coucou toi !
Bienvenue parmi nous I love you Une protectrice :cute: Et une américaine ! :faints:C'est super ça ! J'ai hâte de voir ce que ce petit personnage va donner Nous faudra des liens, assurément ! Et qui donc t'as tiré par les fesses jusqu'à chez nous ? Pour le contexte, merci du retour, je tâcherai de travailler dessus I love you Bon courage pour ta fiche, n'hésites pas si tu as la moindre question surtout

Tu as donc posté ta fiche sur ES, tu as désormais deux semaines pour la rédiger et ton avatar t'es réservé pendant une semaine. Fais en bon usage I love you
Si tu ne te sens pas à l'aise sur le forum et que tu préfères démarrer accompagné, n'hésites pas dès à présent à demander un parrain dans ce sujet. En cas de grandes difficultés, n'hésite pas à te diriger vers le staff qui se fera un plaisir de t'épauler I love you

Avant de rédiger ta fiche, assures-toi d'avoir bien compris l'univers du forum, un bref récapitulatif t'es donné ici. Il te faudra également lire le contexte et le règlement.
Puis, n'oublie pas de lire les annexes globales du forum. Selon le personnage que tu souhaiteras jouer, il te faudra en plus lire les annexes humaines ou lupines.

Ton parrain/ta marraine est là pour t'épauler, donc n'hésite pas à lui poser toutes les questions qui te serons nécessaires pour ta compréhension de l'univers et la réalisation de ta fiche, mais aussi lors de ton jeu sur ES I love you
Si jamais, tu peux te diriger dans cette section pour t'adresser directement au staff.

esprit sauvage


But I must explain to you how all this mistaken idea of denouncing pleasure and praising pain was born and I will give you a complete account of the system, and expound the actual teachings of the great explorer — .
And maybe, i'will save your heart.
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Dim 18 Nov - 16:03


Meute Brune

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▹ MULTICOMPTES : Elias & Ivar & Sevastyan & Cooper ▹ PSEUDO : Ludies ▹ EMPREINTES : 2933 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 19/07/2015

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE: Une laisse.



Yyyeaaaaaahhhhhh !!!!!


Bienvenue Madame !!!

Bon courage pour ta fiche Razz
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Lun 19 Nov - 0:00


Humains

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▹ MULTICOMPTES : Amelia Andersen / Leif Helström ▹ PSEUDO : L.R. ▹ EMPREINTES : 709 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 14/01/2016 ▹ AGE DU PERSO : 31 ▹ LOCALISATION : Quelque part entre son ordinateur et son labo ▹ HUMEUR : J'ai perdu mes lunettes, enfin j'ai pas voulu les mettre, elle me font une drôle de tête, une tête d'un geek à lunettes…

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE: Un guide français-norvégien, un étui à lunette, un spray lacrimogène (on sait jamais), un livre pour les moments d'ennui, un paquet de chocobons

http://lpartefact.tumblr.com


Bienvenue à toi aussi ! What a Face Ravie de voir une protectrice, ces bêtes là se font bien trop rares sur ES. Eddie à l'air bien prometteuse ! J'attend d'en savoir un peu plus sur elle, mais je pense qu'on peut construire des choses intéressantes avec certains de mes persos. ^^
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http://lpartefact.tumblr.com
Lun 19 Nov - 15:06


Meute Hispanique

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▹ PSEUDO : adamantys. ▹ EMPREINTES : 12 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 18/11/2018 ▹ LOCALISATION : bergen, norvège.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



" Et des attaches ? Aucune. "
Tu peux parler, Elena. :yeah:
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Jeu 22 Nov - 12:35


Meute Argentée

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▹ PSEUDO : M. ▹ EMPREINTES : 65 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 16/07/2018 ▹ LOCALISATION : Surement au Palais Royal ou en train de boucler les derniers dossiers du défunt Roi.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Bienvenue ici jolie demoiselle ! What a Face
Je suis déjà fan de la plume et du personnage.
Bon courage pour la suite.
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Jeu 22 Nov - 19:59


Protecteurs

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▹ PSEUDO : C. ▹ EMPREINTES : 21 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 18/11/2018 ▹ LOCALISATION : Dans les pattes d'un sale gosse. ▹ HUMEUR : Blasée.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Vous êtes tous way too cute. Merci beaucoup :bug:

Je ne devrais plus tarder à terminer tout ça :fesses:

Ps. @Teddy Sullivan :non: :hmf:
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Jeu 22 Nov - 22:01


Meute Brune

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▹ MULTICOMPTES : Kateleyä L. Avellaneda (RIP), Solskinn Forsløve (RIP) ▹ PSEUDO : Njüt ▹ EMPREINTES : 744 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 14/09/2015 ▹ AGE DU PERSO : 31 ▹ LOCALISATION : Occupé avec la gestion de mon business ▹ HUMEUR : Indéfinissable

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Wilkomeeeeen Very Happy
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Dim 25 Nov - 18:32


Humains

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▹ PSEUDO : JunkieMouse ▹ EMPREINTES : 508 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 04/02/2017 ▹ LOCALISATION : Entrain d'éparpiller des miettes de chips dans le canapé de Grim ! ▹ HUMEUR : Plutôt joyeuse en règle générale

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE:



Bienvenue à toi Mamzelle ! Smile
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Lun 26 Nov - 20:40


Meute Afro

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▹ MULTICOMPTES : Edwina, Ester, Vyranui, Torvald, Thaïs. La raison n'existe pas. ▹ PSEUDO : ODAYA OCHAVEN. ou Floriane. Ou Flo. ▹ EMPREINTES : 310 ▹ ARRIVÉE EN VILLE : 12/11/2017 ▹ AGE DU PERSO : 23 ▹ LOCALISATION : Quelque part dans Harlem, fuyant sa nature. ▹ HUMEUR : Changeante, instable.

CROCS PRÉFÉRÉS
✤ MES COMPETENCES:
✤ MON INVENTAIRE: Un crayon, un carnet déjà rempli de gribouillis, un rouge à lèvres foncé, des chewing-gum



Bienvenue, bienvenue
ET PUISSE LE SORT T'ÊTRE FAVORABLE !



viens là l'petit nouveau !

mais cette plume et ce personnage Je suis tellement fan, oallalala ! Bienvenue chez toi et amuses toi bien parmi nous
Félicitations l'ami ! te voilà enfin validé/e ! Bienvenue parmi nous, installe-toi confortablement dans ce fauteuil, il y a du café, du jus d'orange et des cookies juste là...
Avant d'entrer vraiment en Norvège ou en Amérique, il va falloir aller recenser ton personnage, ta meute, ton clan, ton gang, ton avatar, ta position sociale (alpha, bêta, gamma, delta simple membre, oméga, augure, guérisseur ou chaman) et même ton métier ! Et le tout dans ce sujet ! Ensuite, si tu désires un parrain ou une marraine, nous t'invitons à le préciser ici, et en ce qui concerne tes points de compétence, n'oublie pas de les réclamer par-là ! Tu as fait tout ça ? Génial ! On t'aime déjà !
Il ne te reste plus qu'à aller embêter les louveteaux et les anciens en te faisant des petites relations farfelues ou à aller courir dans les bois avec la petite louve d'à côté

N'hésites pas à visiter la section évent et à te joindre aux événements en cours :fesses:

Tu peux aussi faire un tour dans l'irl en parlant avec les autres membres et surtout profite ! Te voilà pleinement accepté/e dans le monde magique qu'est le nôtre ! Mais gare à toi l'ami, le Maire veille au grain ! :muah:

Tu as fait tout ça ? Super, n'hésite pas non plus à voter pour nous juste ici I love you

esprit sauvage


monstre
piégée dans le corps d'une créature hideuse, enfermée dans une boîte inextensible, à jamais privée de sa liberté.


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Eddie - What the Fox?

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